François Hollande (LCI/TF1) © LCI/TF1Le PS a planché samedi à Marseille sur son projet sur l'éducation en vue de 2007. Comme samedi dernier à Toulouse, aucun des présidentiables - Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Jack Lang et la favorite des sondages Ségolène Royal - n'avait fait le déplacement. De quoi agacer le premier secrétaire du parti, François Hollande : "La question de la personnalisation joue nécessairement dans la présidentielle", a-t-il reconnu, "mais comment un homme ou une femme peut-il gagner ? Il lui faut l'appui de tous". "Celui ou celle qui sera notre candidat portera le projet socialiste", a-t-il assuré.
"Je leur conseille d'être eux-mêmes, mais aussi de ne pas trop nous oublier", a renchéri Henri Emmanuelli, chargé du projet. Il a recommandé "au candidat ou à la candidate" qui sera investi de rester "en phase" avec le projet du parti et de "ne pas commettre la même erreur que Lionel Jospin", qui avait dit en 2002 que son "projet n'(était) pas socialiste".
"Je ne maîtrise plus"
François Hollande a souligné que le nombre des nouveaux adhérents au PS depuis le début de la campagne d'adhésion en mars était de quelque 50 000. "Moi-même, je ne maîtrise plus le phénomène, vous imaginez l'inquiétude des autres", a-t-il plaisanté, dans une allusion à la crainte de certains prétendants de voir les nouveaux arrivants préférer Ségolène Royal, favorite des sondages.
Le premier secrétaire, à qui certains reprochent de favoriser Ségolène Royal, s'est montré prudent sur l'organisation des débats contradictoires entre les prétendants, alors que plusieurs candidats à l'investiture réclament un "débat de fond entre les candidats" qui permettrait leur différenciation. Il ne revient pas aux médias, mais au PS, "d'organiser" ces débats, a-t-il prévenu.
Services secrets
M. Emmanuelli s'est aussi inquiété des risques de "dérapage" pendant de telles confrontations. M. Hollande a tenu toutefois à dédramatiser les querelles intestines au PS: "Je le dis solennellement, nous, nous n'utilisons pas les services secrets pour nous départager", mais "le vote des militants", a-t-il ironisé, dans une allusion à l'affaire Cleartsream. Quant au calendrier proposé pour le vote des militants, jugé "trop court" par Dominique Strauss-Kahn et "trop long" par Henri Emmanuelli, le premier secrétaire a souligné que rien n'était encore tranché.
Les débats sur l'éducation, auxquels ont notamment participé samedi les présidents de l'Unef Bruno Julliard et de l'UNL Karl Stoeckel, ainsi que des syndicalistes, des sociologues et des experts d'autres formations politiques, ont permis d'affiner le projet du PS sur l'éducation. Le premier secrétaire en a résumé l'objectif, qui est "le plein emploi et la pleine égalité". Les propositions phares sont la "scolarisation obligatoire à partir de 3 ans", "un service public de l'accompagnement scolaire", un "collège unique pour tous", un "effort budgétaire important en faveur des universités" et le "droit à la formation toute la vie". La direction du parti doit finaliser l'ensemble de son projet d'ici fin mai, le soumettre à l'examen des militants le 6 juin, pour un vote le 23 juin et une adoption finale fin juin.
D'après AFP
(Image LCI/TF1 : hier à Marseille)
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