Faut-il dissoudre "Tribu KA" ?

le 30 mai 2006 à 19h35 , mis à jour le 30 mai 2006 à 20h07

La question est posée par plusieurs associations après l'irruption, dimanche, d'une trentaine de Noirs criant des menaces à caractère antisémite rue des Rosiers, à Paris. Une procédure contre le groupe "Tribu KA" a été lancée après ce défilé. Le ministère de l'Intérieur indique que l'hypothèse d'une dissolution est à l'étude.

TF1/LCI : Kemi Seba (au premier plan, à gauche), fondateur de "Tribu KA"Kemi Seba (au premier plan, à gauche), fondateur de "Tribu KA"

Plusieurs associations, telles que l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et SOS Racisme, ont demandé mardi la dissolution du groupe "Tribu KA", deux jours après les "provocations antisémites du groupuscule extrémiste" rue des Rosiers à Paris (VIe). Selon le ministère de l'Intérieur, "cette hypothèse est étudiée, place Beauvau, sur le plan juridique et technique". Dimanche après-midi, un groupe de noirs se réclamant de "Tribu KA" avait fait irruption rue des Rosiers, au coeur du quartier juif de Paris, en criant des menaces à caractère antisémite (lire : "Manifestation antisémite rue des Rosiers").

Dans un communiqué, l'UEJF "salue la réactivité et la fermeté des pouvoirs publics et attend des mesures concrètes de dissolution du groupuscule". "Nous croyons que des groupes tels que Tribu Ka menacent la démocratie en France", estime le président de l'UEJF, Benjamin Abtan, appelant "les représentants juifs et noirs à dénoncer ensemble la montée d'une nouvelle terreur raciste et antisémite". SOS Racisme exprime, dans un communiqué, "son indignation suite aux agissements, rue des Rosiers, de quelques nervis de la secte fasciste appelée "Tribu Ka". L'association "demande que soit étudiée le plus rapidement possible la dissolution" du groupe, "dans une période où de toutes parts, les tensions entre différentes parties de la population sont créées ou attisées par des groupuscules racistes et antisémites".

Lettre de Nicolas Sarkozy au garde des Sceaux

Avant ces appels des associations, dans une lettre adressée mardi au garde des Sceaux Pascal Clément, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a déjà souhaité que le site internet de "Tribu KA" soit interdit. Dans ce courrier, il a dénoncé, de la part de "Tribu KA", des "faits de provocation à la haine ou à la violence à l'égard de personnes à raison de leur appartenance à (...) une religion et d'injure publique à l'égard (...) d'un groupe de personnes à raison de (...) leur appartenance à (...) une religion déterminée". Il a fait également état de propos et d'images antisémites diffusés sur le site internet de "Tribu KA".

Le ministère de l'Intérieur a précisé mardi que "Tribu KA", créée fin 2004, est un groupement de fait et non pas une association déclarée. Néanmoins, une loi de 1936 prévoit que peuvent être "dissous par décret du président de la République" les associations ou groupements de fait qui se livrent à certaines activités, notamment celles conduisant "à la discrimination, la haine ou la violence envers des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une religion". Un tel décret doit être présenté par le ministre de l'Intérieur avant d'être signé par le chef de l'Etat. En mai 2005, le groupuscule néonazi Elsass Korps avait ainsi été dissous, après une série de profanations de cimetières juifs.

Photo d'ouverture : Kemi Seba (au premier plan, à gauche), fondateur de "Tribu KA" - DR

le 30 mai 2006 à 19:35
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