L'Assemblée nationale examine jeudi une proposition de loi visant à sanctionner la négation du génocide arménien de 1915. Le texte, élaboré par le groupe socialiste, fait de cette négation un délit punissable d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Le Parlement avait déjà reconnu le génocide par une loi en janvier 2001. Aujourd'hui, certains élus voudraient donnée une portée pénale à cette reconnaissance.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a menacé la France de sanctions commerciales en cas d'adoption. Il s'agit d'"une question sensible qui exige une réflexion sereine dans un esprit de responsabilité", a affirmé l'entourage de Jacques Chirac, à la veille de l'examen.
Majorité divisée
Le président, "à plusieurs reprises, a eu l'occasion de souligner l'importance que revêt le travail de mémoire pour la Turquie dans le cadre de la prise en compte des valeurs européennes dans laquelle ce pays s'est engagé", a-t-on rappelé à l'Elysée. Mais "cette question touche aussi au rôle du Parlement en ce qui concerne l'histoire", a-t-on ajouté.
La question divise les députés jusque dans la majorité. En principe, le texte ne devrait pas être adopté, car une très large majorité du groupe UMP y est opposée. Mais une incertitude demeure et tout dépendra du nombre de députés présents en séance. Les élus pourraient aussi n'avoir pas le temps de procéder au vote.








