LCI.fr : Coment vous est venu l'idée de ce livre ?
Christophe Girard : C'est à l'initiative du jeune éditeur Ali Baddou qu'Hachette m'a proposé ce livre. Je crois qu'il correspond au besoin de parole de vérité et de liberté que réclament les citoyens.
LCI.fr : Compte tenu de votre expérience de vie, comment s'est déroulé le développement personnel d'un fils dont le père est homosexuel et en couple ? Quelles "conclusions" en tirez-vous dans le débat sur l'homoparentalité ?
C.G : Mon fils a grandi comme devraient grandir tous les enfants sur la planète, c'est à dire aimés, écoutés, soutenus par ses parents. L'expérience de vie de mon fils confirme que la sexualité du père ou de la mère n'est ni un avantage ni un inconvénient mais que l'affection, l'engagement, l'activité sont les seules conditions nécessaires et incontournables pour qu'un enfant s'épanouisse et devienne un citoyen libre et indépendant.
LCI.fr : Vous avez affirmé que "l'hétérosexualité de votre fils était un soulagement". Pensez-vous que l'homophobie reste encore aujourd'hui très forte ?
C.G : L'acceptation de son homosexualité pour un adolescent est encore trop souvent un parcours du combattant et un chemin douloureux. L'homophobie a de nombreux visages. Elle va de la petite insulte, la blague humiliante, à l'agression physique voire au meurtre. 80 pays dans le monde considèrent l'homosexualité comme un crime. En France, une personne homosexuelle est agressée tous les 3 jours. Je crois que ce chiffre sous-estime la réalité car tous les homosexuels ne déposent pas plainte et certains préfèrent cacher leur souffrance.
LCI.fr : Comment expliquez-vous la frilosité française sur le mariage gay et l'homoparentalité, comparativement à l'Espagne ou la Grande Bretagne par exemple ?
C.G : La frilosité française sur ces sujets de société va de pair avec le non-renouvellement de la classe politique.
("Père comme les autres", Christophe Girard, Hachette Littératures, 93 pages, 8 euros)
Photo, AFP : Christophe Girard dans son bureau de l'hôtel de Ville








