10 mai 2006 : mis en cause par plusieurs médias dans l'affaire Clearstream, Jean-Louis Gergorin demande à être déchargé de ses fonctions au sein d'EADS pour "se consacrer à sa défense".La garde à vue de Jean-Louis Gergorin, ex-vice-président d'EADS et personnage clé de l'affaire Clearstream, entamée mardi matin dans les locaux de la Division nationale des investigations financières (DNIF) à Nanterre, a été prolongée mercredi matin. Cette prolongation vaut pour une durée maximale de 24 heures. A l'issue de ce délai, Jean-Louis Gergorin pourrait être présenté aux magistrats en vue d'une éventuelle mise en examen pour "dénonciation calomnieuse". Son avocat, Me Paul-Albert Iweins, est allé lui rendre visite mercredi matin à la DNIF mais n'a pas souhaité faire de commentaires.
Les juges pouvaient entendre Jean-Louis Gergorin directement à leur cabinet, mais ils ont choisi l'option de la garde à vue, qui présente pour eux l'avantage de faire auditionner ce personnage clé du dossier par les policiers de la DNIF sur une durée maximale de 48 heures. En outre, ce régime coercitif permet aux juges de prendre connaissance des procès verbaux de l'intéressé au fur et à mesure de leur rédaction et de préparer sa future audition devant eux. Ils disposent ainsi de temps pour établir les charges qui pèsent sur lui, en vue d'une éventuelle mise en examen.
La garde à vue de Jean-Louis Gergorin est la première de ce dossier de "dénonciation calomnieuse" instruit depuis septembre 2004 à la suite d'une plainte de Philippe Delmas, ex-dirigeant d'Airbus, dont le nom était apparu sur des listings Clearstream qui se sont avérés truqués.
Jean-Louis Gergorin s'était largement épanché dans la presse la semaine dernière, reconnaissant notamment avoir envoyé deux des cinq courriers anonymes qui sont parvenus au juge Renaud van Ruymbeke entre mai et octobre 2004. Il a également toujours laissé entendre que ces listings étaient authentiques. L'enquête du magistrat a pourtant démontré que ces courriers dénonçant le versement de rétrocommissions, dans le dossier de la vente de frégates à Taïwan, à des personnalités industrielles et politiques françaises, dont Nicolas Sarkozy, étaient faux.
Photo : Jean-Louis Gergorin (DFR)
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