Contrairement à ce que craignait son avocat, le général Philippe Rondot n'a pas été emmené de force samedi soir devant les juges. Des policiers se sont bel et bien rendus vers 20 heures au domicile de ce protagoniste-clef de l'affaire Clearstream mais seulement pour se faire remettre les codes d'accès de l'immeuble et pour y faire "des repérages", selon maître Eric Morail. Ce dernier avait auparavant déclaré que son client avait été emmené de force au pôle financier du Palais de justice de Paris.
L'avocat du général Philippe Rondot avait déclaré vendredi à LCI.fr que son client, témoin capital de l'affaire Clearstream, attendait sereinement que les juges viennent le chercher. Maître Eric Morain précisait alors que son client ne résisterait pas. Le parquet avait requis jeudi soir l'usage de la force publique conformément à la demande des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.
Témoin incontournable
Le spécialiste du renseignement qui avait refusé de se rendre de lui-même jeudi à la convocation des magistrats pourrait être emmené devant eux lundi. Le général Rondot devait être entendu comme témoin. Un témoin incontournable. C'est avec lui que l'affaire des listings truqués de Clearstream a renforcé sa dimension "politique", touchant le Premier ministre Dominique de Villepin, le président Jacques Chirac et le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
Le militaire a en effet indiqué aux juges, lors d'une audition le 28 mars, qu'il avait été chargé par Dominique de Villepin et sur instruction du président de la République d'enquêter sur des comptes présumés, notamment de Nicolas Sarkozy, en janvier 2004. Son avocat a précisé à Reuters que le général refuserait de répondre aux questions des magistrats, comme le droit l'y autorise.
| Gergorin a quitté la France |
Jean-Louis Gergorin, mis en cause dans l'affaire Clearstream, a quitté la France. "J'ai fui la pression et les paparazzi. Je ne suis pas en fuite, je me tiens à la disposition de la justice en qui j'ai entièrement confiance" at-il déclaré au quotidien L'Est Républicain. "Que les magistrats se rassurent, j'ai encore beaucoup de réserves pour eux" a-t-il précisé. |
(Photo reprise sur la Une de l'edition du JDD dans lequel s'est exprimé le Général Rondot)






