Le gong final a sonné. Sans vote. Jean-Louis Debré a levé la séance jeudi peu après 13 heures à l'Assemblée nationale, sans que soit achevé l'examen par les députés de la proposition de loi socialiste réprimant la négation du génocide arménien. Un vote ne devrait pas intervenir avant la prochaine session parlementaire qui commence début octobre. Depuis les tribunes de l'Assemblée, les partisans de la cause arménienne ont scandé pendant quelques minutes : "le vote", "le vote", avant d'être évacuées. Le texte en cause faisait de la négation un délit punissable d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
La matinée avait déjà été très houleuse. La séance avait été suspendue à la suite de protestations des députés PS accusant la majorité de faire de l'obstruction pour qu'ils n'aient pas le temps de se prononcer sur un sujet très controversé. "Ca suffit maintenant, manipulation, c'est de la complicité, c'est une honte, c'est quoi ce Parlement, ces manoeuvres!", ont lancé les députés socialistes. "Vous n'avez rien fait, arrêtez de donner des leçons, c'est minable votre attitude", leur a répondu Eric Raoult (UMP).
"On est en train de déraper"
L'examen d'un premier texte présenté par Paul Quilès (PS) et relatif à une question constitutionnelle, avait été l'occasion pour l'UMP et le gouvernement de faire traîner le débat. La majorité a alors proposé de repousser l'examen du texte sur la question arménienne à la prochaine session parlementaire. "On est en train de déraper, on ne peut pas aborder la question du génocide en 15 minutes, ce n'est pas digne", avait alors plaidé le président du groupe UMP. Les débats avaient fini par reprendre... pour être interrompus à 13 heures.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait menacé la France de sanctions commerciales en cas d'adoption. Il s'agit d'"une question sensible qui exige une réflexion sereine dans un esprit de responsabilité", avait pour sa part affirmé l'entourage de Jacques Chirac, à la veille de l'examen.








