10 mai 2006 : mis en cause par plusieurs médias dans l'affaire Clearstream, Jean-Louis Gergorin demande à être déchargé de ses fonctions au sein d'EADS pour "se consacrer à sa défense".Ernest Backes, inspirateur et co-auteur avec Denis Robert du livre "Révélations", qui accuse l'institution financière luxembourgeoise Clearstream de blanchiment à très grande échelle, a estimé dimanche que Jean-Louis Gergorin ne pouvait pas être le "corbeau" de l'affaire. Ernest Backes a travaillé chez Cedel (qui a changé de nom depuis pour s'appeler Clearstream) comme responsable des opérations puis comme directeur clientèle de 1970 à 1983, date à laquelle il a quitté la société.
"Gergorin ne peut pas être le corbeau. Il a pu taper la lettre" mais pas la rédiger seul, "quelqu'un a dû lui dicter", a déclaré Ernest Backes, présenté comme un "homme du sérail" par le journaliste enquêteur Denis Robert dans le livre qu'il a publié en 2001 et qui détaille la technique financière du "clearing", blanchiment d'argent sale, pratiquée selon lui par Clearstream.
Plutôt "des" corbeaux qu'un seul
"La première lettre du corbeau parle de plusieurs affaires dans lesquelles Gergorin n'a pas pu tremper", poursuit Ernest Backes, assurant par ailleurs avoir "son idée" sur l'identité du (ou des) corbeau(x), qui a (ont) établi puis envoyé, notamment au juge Renaud van Ruymbeke, en marge de son instruction sur la vente des frégates à Taïwan, de faux listings de personnalités du monde économique et politique, dont Nicolas Sarkozy, accusées à tort de détenir des comptes chez Clearstream. "Il faut parler au pluriel et ne pas se limiter à l'Hexagone", a ajouté Ernest Backes à propos du (ou des) corbeau(x), tout en refusant d'en dire plus "aux journalistes" et en assurant se tenir prêt à "donner son avis" aux juges.
Fortement soupçonné d'être le ou l'un des corbeaux, malgré ses dénégations, Jean-Louis Gergorin, vice-président de EADS a "demandé à être déchargé de ses fonctions opérationnelles" mercredi "afin de pouvoir se consacrer dans les meilleures conditions à sa défense", selon le groupe aéronautique de défense. Polytechnicien et énarque de 60 ans, Jean-Louis Gergorin est un proche du Premier ministre et se retrouve au centre de l'imbroglio judiciaire et politique de l'affaire Clearstream, notamment en raison de son rôle dans une réunion le 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay, en présence notamment de Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères.
Photo d'ouverture : Jean-Louis Gergorin, vice-président de EADS - archives
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