Nuage de Tchernobyl : le professeur Pellerin se rendant à son audition, avant sa mise en examenLe professeur Pierre Pellerin, ancien chef de l'autorité de protection nucléaire, a été mis en examen mercredi à Paris par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, en charge de l'enquête sur le passage du nuage de Tchernobyl au-dessus de la France. Convoqué à 15H30 au cabinet de la juge, le professeur Pellerin est sorti à l'issue de près de quatre heures d'audition, accompagné de son avocat, Me Georges Holleaux. Interrogé par la presse, ce dernier a déclaré : "mon client a été mis en examen pour infraction au code de la consommation. Ce qui est important, c'est qu'il n'est que témoin pour les questions de santé publique". Mis en examen pour "tromperie aggravée", l'ancien responsable du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) a été entendu comme témoin assisté de son avocat pour les faits de "blessures involontaires".
La magistrate du pôle santé publique du tribunal de Paris est en charge depuis juillet 2001 de ce dossier d'"atteinte involontaire à l'intégrité physique d'autrui", en lien avec le passage du nuage provoqué par l'explosion de la centrale de Tchernobyl, le 26 avril 1986. Plus de 500 victimes de maladies thyroïdiennes sont aujourd'hui parties civiles, aux côtés de la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad) et de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT).
"Aucun lien de causalité" entre le nuage et un cancer de la thyroïde
Dans une note, Me Georges Holleaux assure qu'"aucun lien de causalité n'a été établi en France entre les conséquences de Tchernobyl et un cancer de la thyroïde" au cours de l'instruction. "On s'acharne contre un vieux monsieur de 83 ans qu'on veut faire passer depuis 20 ans pour un épouvantail", écrit l'avocat.
Une expertise rendue fin 2005 a fait état de mesures radioactives "occultées" par les autorités de contrôle françaises. Selon cette expertise, Pierre Pellerin a fourni des cartes de relevés incomplètes. Les auteurs du rapport ont estimé que la publication de valeurs moyennes par département a masqué la présence d'isotopes radioactifs dangereux concentrés dans certaines zones à forte pluviosité. Le rapport précise que plusieurs relevés établis en France contiennent des valeurs comparables à celles de "certains territoires proches de la centrale de Tchernobyl" entre avril et juin 1986.
En outre, Mme Bertella-Geffroy a confié en avril 2005 à deux médecins une expertise épidémiologique portant sur 13 villages de Corse, pour tenter d'établir un lien de causalité entre le passage du nuage et les maladies thyroïdiennes. Les experts sont notamment chargés de comparer les données relevées sur des habitants âgés à l'époque de moins de 15 ans, à celles réalisées sur des enfants atteints de pathologies thyroïdiennes au Bélarus et en Ukraine. Environ 1.000 personnes doivent être contactées. Les 13 villages ont été choisis en raison de mesures radioactives élevées, mais également parce que les populations y vivent en quasi-autarcie et consomment des produits laitiers, fruits ou légumes locaux.
Photo d'ouverture : le professeur Pellerin se rendant à son audition, avant sa mise en examen - DR
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