© Assemblée NationaleSelon les termes de Nicolas Sarkozy, il est "ferme à l'endroit de ceux qui ne respecteront pas les règles du jeu" et "juste à l'égard des personnes qui demandent à venir en France en suivant les règles d'admission que nous fixons." Le ministre de l'Intérieur a présenté mardi aux députés son projet de loi sur l'immigration et l'intégration.
"L'immigration ne doit pas être une question taboue", a dit Nicolas Sarkozy en estimant que "les Français nous demandent de regarder la réalité en face". "Mon seul regret est que sur un sujet aussi essentiel, le Parti socialiste ait adopté une posture politicienne. Dans l'incapacité de proposer des mesures positives, les socialistes se bornent à présenter des amendements de suppression", a-t-il ajouté en renvoyant le PS à ses divisions. "J'ai été heureux d'entendre qu'un homme de la qualité de M. Strauss-Kahn réponde à l'irresponsabilité de M. Fabius qui appelle à la régularisation générale", a-t-il souligné.
"Respecter ses valeurs et ses lois"
Selon Nicolas Sarkozy, "les Français ne supportent plus les oppositions politiques frontales qui n'ont strictement aucun sens". "Quand les partis républicains n'ont pas le courage, à gauche comme à droite, de s'occuper d'un sujet de préoccupation de français, il ne faut pas s'étonner que les extrêmes prennent la place qui a été désertée", a-t-il dit.
Rejetant à la fois "l'immigration zéro" d'un côté et "l'immigration totale", M. Sarkozy "refuse, avec la plus grande fermeté, les opérations de régularisations globales d'étrangers, très dangereuses, car elles ont un effet d'appel d'air".
Il propose "de sortir, par le haut, de ce débat sans issue entre les deux extrémismes" en présentant "une voie médiane", un "texte équilibré". Il a répété à la tribune la phrase qui avait donné lieu à une vive polémique avant le débat parlementaire, demandant aux étrangers "d'aimer le pays qui les accueille, de respecter ses valeurs et ses lois sinon rien ne les oblige à y rester".
Il a décliné les trois grands principes de sa politique d'immigration. Le premier est celui de "l'immigration choisie" car "la France doit pouvoir choisir le nombre des migrants qu'elle accueille". Le deuxième est celui d'un "lien étroit entre l'intégration et l'immigration" en "obligeant les étrangers qui veulent s'installer durablement ou définitivement en France à faire les efforts indispensables pour s'intégrer". Le dernier concerne "la nécessité d'inscrire la politique d'immigration dans une vraie stratégie de co-développement". A l'ouverture de la séance, le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, a annoncé que le texte serait examiné en "urgence" (une seule lecture dans chaque assemblée).
(Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkoy mardi à l'Assemblée, DR)
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