Une journée contre l'homophobie

Par , le 17 mai 2006 à 07h00 , mis à jour le 16 mai 2006 à 18h22

Ce 17 mai est déclaré Journée nationale de lutte contre l'homophobie. Devant la recrudescence des agressions physiques contre des homosexuels, plusieurs associations de lutte contre l'homophobie ont mis en place une cellule de crise. LCI.fr vous propose de relire une l'interview de Jacques Lizé, secrétaire adjoint de SOS homophobie, réalisée le mois dernier.

logo SOS homophobie

LCI.fr : Pourquoi avoir créé une cellule de crise regroupant SOS Homophobie, le SNEG, Act Up Paris et le Groupe Action Gay et Lesbien-Loiret ?
Jacques Luzé, secrétaire adjoint SOS homophobie : Nos associations ont toutes constaté une recrudescence importante des agressions homophobes ces derniers temps. Rien que sur la ligne d'appel de SOS Homophobie, le nombre d'agressions signalées a été multiplié par six en six ans, passant de 23 cas en 2000 à 133 en 2005. Il faut savoir que ce chiffre n'inclut pas les simples bousculades ou insultes. Il signifie juste que tous les trois jours en France, un homosexuel ou un transexuel se fait tabasser ! Et c'est un minimum, puisque nombre d'agressions ne nous sont pas signalées.

"Avant, quand un homo se faisait insulter, on lui disait "sale pédé". Maintenant, c'est "je vais te cramer"" 

Si la cellule a été créée, c'est parce qu'il y a eu une vague récente d'agressions graves, ayant parfois conduit à la mort*. Peut-être qu'il s'agit d'une simple coïncidence, mais quoi qu'il en soit il n'y a pas de fumée sans feu. On constate depuis plusieurs mois une forte dégradation du climat social. Tous les homosexuels pourront vous le dire. Avant, quand un homo se faisait insulter dans la rue, on lui disait "sale pédé". Maintenant, c'est "je vais te cramer". Les lieux de drague qui servent à une petite proportion de gays deviennent eux-aussi de plus en plus des lieux de violence, de "chasse au pédé". 

LCI.fr : Quelles actions de sensibilisation entendez-vous mener avec cette cellule ?
J.L. : Nous nous sommes regroupés pour mutualiser nos forces et nos compétences. L'objectif est de retirer aux agresseurs l'idée qu'ils peuvent casser du pédé en toute impunité. Il y a des lois qui doivent être respectées. On s'est fixé plusieurs objectifs. Essayer d'être omniprésent sur le terrain, en consolidant nos passerelles avec les associations locales. Développer des outils pour permettre à tous ces acteurs locaux de réagir très vite pour signaler ce type d'agression et accompagner correctement la victime.

Sensibiliser les policiers aux agressions homophobes, comme ils l'ont été à propos des femmes battues

Il faut également saisir les pouvoirs publics en leurs proposant des mesures concrètes. Cela passe notamment par la sensibilisation des policiers enregistrant les plaintes aux agressions homophobes, comme ils l'ont été à propos des femmes battues. Il faut leur expliquer que si une victime déclare que durant son agression elle s'est faite traiter de pédé, il faut le noter. C'est très important car depuis la loi de janvier 2003, il n'y a plus de classement sans suite possible des plaintes pour agression à caractère homophobe. Le traitement en justice devient différent. Ensuite, il va falloir trouver un moyen de mieux sécuriser les lieux de drague. Enfin, nous allons voir s'il n'y a pas moyen de lancer une campagne nationale de sensibilisation, à travers les médias.

LCI.fr : Avez-vous des règles de prudence à donner à la communauté homosexuelle pour se prémunir de telles agressions ?
Jacques Luzé : La moitié des agressions homophobes ont lieu sur la voie publique. On ne peut pas dire aux gens de ne pas s'embrasser dans la rue. C'est leur vie et c'est leur droit. Néanmoins, nous conseillons à ces personnes de se munir d'un sifflet, qui peut servir à alerter les personnes alentour en cas de problèmes. Par ailleurs, la solidarité s'applique dans les deux sens. Si vous entendez ou voyez quelque chose de suspect alertez les personnes alentour et intervenez !

En revanche, concernant les rencontres non sécurisées, il est certain que quelques règles de prudence et un minimum de vigilance s'imposent. En voici quelques unes : 
• Au premier rendez-vous, préférez un lieu public (un bar par exemple).
• Ne donnez pas le numéro de téléphone de votre domicile, échangez vos numéros de portable et appelez votre correspondant pour vérifier ses coordonnées.
• Informez un proche de votre RDV et donnez-lui les infos dont vous disposez
• Laissez entendre à votre partenaire qu'une autre personne est au courant de ce rendez-vous
• Si vous ne vous sentez pas à l'aise ou rassuré, n'hésitez pas, abrégez le rendez-vous
• Si vous accueillez quelqu'un chez vous et qu'il porte un sac, méfiez-vous de son contenu. Dans les récents cas d'agressions s'y trouvaient cordes, scotch, armes...

*Dans un communiqué, SOS Homophobie liste une série d'agressions violentes récentes. Le 16 avril à Orléans, un jeune couple d'hommes (18 et 22 ans) qui se tenaient la main devant un arrête de bus s'est fait insulter et frapper. Le 13 avril, à Strasbourg, un homme à juste eu le temps de se réfugier dans sa voiture. Mais ses agresseurs l'ont poursuivi pendant plusieurs kilomètres. Le 8 avril, c'est une jeune lesbienne qui s'est faite tabassée dans la rue. Début avril, à Paris, un homosexuel a été retrouvé mort étranglé chez lui, un autre a été retrouvé agonisant à son domicile. Le motif de ces deux agressions distinctes n'est pas encore établi....

Par Alexandra Guillet le 17 mai 2006 à 07:00
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7 Commentaires

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  • Agnes, le 17/05/2009 à 13h44

    A ceux qui parlent d'hétérophobie... Pouvez-vous nous expliquer comment celle-ci se manifeste ? Merci d'avance

  • Heiny, le 16/05/2009 à 17h44

    Je trouves que ces personnes non aucune éducation ,oser agresser des homosexuelles et transexuels c'est scandaleux ,ont est en 2009 faisant de la france un pays libre ,pas d'indifférences soyant égaux,,,,,

  • Laurent, le 17/05/2006 à 11h57

    Je signale juste que l'orientation sexuelle n'a RIEN d'un choix... Personne n'a jamais choisi d'être homosexuel, pas plus que les 90%(et plus) des gens n'ont jamais choisi d'être hétérosexuels... c'est comme ça, c'est tout.... (c'était juste pour le rappeler)

  • Louis, le 17/05/2006 à 11h49

    Suite au commentaire de Mat de Lille je dirais : "A quand une journée contre l'hétérophobie??".. Hé oui ça existe aussi...

  • FrenchKiss, le 17/05/2006 à 11h10

    Je suis marie et heterosexual, mais je ne concois pas que l'on puisse etre intolerable au point de nuire a autrui! L'orientation sexuelle des individus est le choix de chacun, les autres doivent respecter ce choix. L'homosexualite n'est pas une maladie, mais une orientation sexuelle que l'on se doit de respecter. Meme si nous n'avons pas la meme. Il en va de meme pour les TS!

  • Mat, le 17/05/2006 à 09h16

    Il y a des villes en France où le mouvement gay et lesbian est tellement répendu, comme ici à Lille, qu'il s'y développe même de l'hétérophobie... vive le communautarisme...

  • Muriel, le 17/05/2006 à 07h29

    Je ne coumprend toujours pas le raisonnement qui fait de la difference une justification de la discrimination, de la haine, du meurtre... Il y a 10% d'homosexuels. Il y a aussi 10% de gauchers. les etres differents ne me genent en rien; ils ne me privent pas de mon espace, de mon air, de ma liberte.

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