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Marion raconte le meurtre de Romain


le 17 mai 2006 à 19h31 , mis à jour le 17 mai 2006 à 19h31.
Temps de lecture
3min
TF1/LCI Avignon Romain tué à coups de hachette
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SociétéFace à un meurtrier qui n'a toujours pas expliqué son geste, évoquant l'alcool, un sentiment d'offense ou la fatalité, la petite amie du jeune Romain a détaillé mercredi précisément les circonstances du crime. Selon elle, il n'y avait pas l'ombre d'une offense - et le meurtrier n'était pas ivre.

"Je n'avais pas l'intention de tuer ou de commettre un crime, je voulais tout simplement donner un coup", a affirmé mercredi Hamadi Ed-Debch, le Marocain de 21 ans jugé par la cour d'assises du Vaucluse pour l'assassinat du jeune Romain à Avignon, en juillet 2004. Au deuxième jour de son procès, Ed-Debch, qui a appris un peu le français en détention mais s'exprime avec l'aide d'un interprète, maintient pour justifier son geste qu'il s'est senti "insulté" par Romain, lorsque l'adolescent de 14 ans lui a refusé la cigarette qu'il lui demandait par gestes. "S'il n'y avait pas eu une offense que j'ai sentie envers moi, je n'en serais pas arrivé là", a-t-il assuré.

Marion, la petite amie de la victime, âgée de 13 ans à l'époque, qui relate avec une extrême précision le déroulement de cet après-midi du 17 juillet 2004 où Romain a été tué de deux coups de hachette dans le crâne, est pourtant formelle. "Romain a juste dit 'non, désolé on ne fume pas', rien d'autre. Je ne vois pas ce qui aurait pu être insultant", répète-t-elle à la barre. Selon elle, Hamadi Ed-Debch n'a d'ailleurs manifesté aucune rancoeur avant de continuer sa route. Elle ne s'est donc pas inquiétée de le voir repasser en sens inverse, une trentaine de minutes plus tard, le long de la digue de l'île de la Barthelasse, au milieu du Rhône en face des remparts d'Avignon. Marion a soudainement entendu Romain crier "aïe", l'a vu s'affaisser sur la digue où les deux jeunes étaient assis.

"J'ai vu la flaque de sang, ses yeux ouverts"

"Je me suis tournée, j'ai vu M. Ed-Debch avec la hache et par réflexe je me suis enfuie", raconte Marion, partie civile au procès. Elle perd une chaussure, trébuche et se fait rattraper par l'accusé qui la relève en lui tenant le bras, brandissant toujours sa hachette à la main. "Il m'a fait signe de me taire, je lui ai montré la moto (de Romain) pour voir si c'était ça qu'il voulait et il a fait oui de la tête", poursuit Marion. Avec l'aide de l'adolescente, qu'il menace mais ne brutalise pas, il démarre l'engin et met le casque. Il s'enfuit, avec à peine un regard pour la victime. La vision continue de hanter Marion, un an et demi après les faits. "J'ai vu la flaque de sang, ses yeux ouverts, le crâne ouvert", lâche-t-elle avant de fondre en larmes.

Avec aplomb, elle a également réfuté les déclarations d'Ed-Debch tentant d'expliquer son geste par des doses massives d'alcool ingurgitées peu auparavant. "Il marchait droit, il ne sentait pas l'alcool. Quand il a monté la digue derrière nous pour venir nous agresser, il n'a pas fait de bruit", se souvient-elle. S'appuyant sur les témoignages des enquêteurs du SRPJ de Montpellier, l'avocat général Raymond Morey a également souligné l'absence de preuves de cette consommation d'alcool. Ed-Debch, qui lors de l'instruction évoquait plusieurs bouteilles de différents breuvages, aurait tout juste avalé une gorgée de pastis quelques heures plus tôt, en compagnie d'un vagabond qui campait.

Selon les témoignages de ses proches au Maroc, qu'il avait quitté sept mois plus tôt pour une vie d'errance clandestine en Espagne et dans le sud de la France, il ne buvait jamais. Il l'avait lui-même spontanément affirmé à un médecin qui l'examinait dans un centre de rétention. Ed-Debch reconnaît les faits, mais nie avoir prémédité son acte. Il encourt la réclusion à perpétuité. Le verdict est attendu vendredi.

(Photo : archives)

Commenter cet article

  • Lauriane : Et cette pauvre marion..aussi jeune et témoin d'une chose aussi monstrueuse...comment voulez vous qu'elle arrive à revivre normalement? est-elle suivie au moins? certains vont remettre en cause la perpétuité, et le non suivi psychologique de ces pauvres monstres qui sont très malheureux après...et elle? on s'en inquiète? et la famille de ce jeune homme? tuer parce qu'il s'est senti "agressé"...non mais comment peut-on trouver une circonstance atténuante à ce monstre?

    Le 18/05/2006 à 12h18
  • Leo : A Vastre de Nîmes. Comme tu le dis, dans ce sens là ce n'est pas du racisme car aux yeux de la justice, le racisme n'existe et n'est reconnu que dans un seul sens. D'où l'absence de réaction de la part des pseudo organisations anti racistes habituelles. Dans le cas présent on parle au mieux de fait divers, la plupart du temps d'accident. En revanche, toute insistance de la justice à demander des comptes à l'assassin reléverait du racisme le plus primaire, d'autant plus qu'il s'est excusé du fond du coeur ce qui devrait largement suffir à apaiser la famille de Romain. D'ailleur ce monsieur n'etait il pas dans son droit le plus légitime lorsqu'il s'est défendu contre ce sale petit raciste qui lui a refusé une cigarette ?

    Le 18/05/2006 à 12h17
  • Nio : Il sort une hachette et donne 2 coup dans le crane de ce pauvre jeune homme.. A part ca, il ne voulait pas tuer.. Bien entendu..

    Le 18/05/2006 à 08h44
  • Jcp : Ou sont les manifs et les associations pour ce "banal" fait divers???

    Le 18/05/2006 à 08h13
  • Vastre : Pas d'insulte, pas d'offense, pas d'alcool, bref, pas de raison de tuer sauf le racisme. Mais dans ce sens (un arabe tue un européen), le racisme ne peut être invoqué car ce n'est pas conforme à la pensée convenable ! Alors pourquoi a-t-il tué ?

    Le 18/05/2006 à 03h21
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