
La reconstitution de l'ADN du meurtrier du petit Mathias devient "de plus en plus difficile." "Obtenir un ADN exploitable reste possible mais à mesure que les jours passent, cela devient de plus en plus difficile", a indiqué jeudi soir une source proche de l'enquête.
Lundi, le procureur de la République de Nevers Christian Gongora avait affirmé qu'une "empreinte génétique" du meurtrier de Mathias serait constituée "dans trois jours au maximum". Il avait ajouté que tous les témoins masculins seraient invités à se soumettre à des prélèvements biologiques.
Les progressions de l'enquête
Jeudi soir, l'empreinte génétique du meurtrier n'était toujours pas constituée et "une dizaine" de prélèvements avaient été effectués depuis le début des investigations, selon cette source. Aucun prélèvement n'a été réalisé jeudi.
Par ailleurs, aucune interpellation n'avait été effectuée jeudi, selon une autre source proche de l'enquête. "Les investigations ont progressé de manière significative", a toutefois indiqué à l'AFP le procureur de Nevers. "L'interprétation des analyses génétiques se poursuit tout comme se poursuit le travail de collecte et de vérification d'indices", a-t-il ajouté.
Un hélicoptère de la gendarmerie a brièvement survolé le village jeudi afin de réaliser des prises de vue des lieux. Le rythme des auditions à la gendarmerie de Moulins-Engilbert s'est ralentie par rapport à mercredi. "Nous sommes dans une phase de réflexion autour des auditions qui ont été faites ces derniers jours", a indiqué une source proche de l'enquête en réaffirmant qu'aucune piste n'était exclue.
Des fleurs blanches
Le corps sans vie et dénudé de Mathias, 4 ans, avait été retrouvé dimanche matin à Moulins-Engilbert. L'autopsie a établi qu'il a été violé par son agresseur. Les obsèques du garçonnet doivent se tenir vendredi à 15H00 à Moulins-Engilbert. "La famille souhaite une stricte intimité lors de l'enterrement et veut maintenir les médias à l'écart de la cérémonie religieuse", a-t-on appris auprès de la préfecture de la Nièvre, où on a précisé qu'une "présence renforcée" des gendarmes serait assurée dans le village. Les commerçants ont prévu de fermer leur magasin durant les obsèques et d'apposer des fleurs blanches sur leur devanture, mais l'atmosphère dans le village restait jeudi davantage marquée par la tension et le soupçon généralisé que par le recueillement.
"On aurait vraiment préféré qu'ils arrêtent le coupable avant l'enterrement. Comment savoir si l'assassin ne sera pas présent parmi nous tous aux obsèques?", s'interrogeait Michel, 53 ans, gérant d'un bar-tabac. "On n'aura pas l'esprit tranquille. Les gens ici sont sûrs que c'est une piste locale", ajoutait Gérard, un retraité de 62 ans. L'enquête mobilise quelque 80 gendarmes issus de différents services en Bourgogne.
Villepin "bouleversé" promet des mesures |
Dominique de Villepin a annoncé jeudi que le gouvernement présenterait "très rapidement" au Parlement "des mesures de prévention de la délinquance" et de "nouvelles mesures de protection de l'enfance". Se déclarant "bouleversé" par les récents meurtres de Madison et Mathias, le Premier ministre a estimé qu'il fallait "renforcer les moyens de prévention. C'est vrai à l'école, c'est vrai au sein de la famille, c'est vrai aussi devant les messages violents sur internet ou dans les jeux vidéo", à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon à laquelle participaient Nicolas Sarkozy (Intérieur) et Philippe Bas (Famille). "De la même façon, nous voulons renforcer les sanctions contre les auteurs de violences. |
Photo d'ouverture : le petit Mathias - DR
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