
Trois témoins étaient en garde à vue vendredi soir dans l'enquête sur la mort du petit Mathias, dont le corps a été retrouvé dimanche à Moulins-Engilbert, village de la Nièvre. "Au stade actuel de l'enquête, trois témoins sont en garde à vue, dont l'un en dehors du département de la Nièvre", a annoncé le procureur de la République de Nevers, Christian Gongora. "L'un de ces témoins présente un profil qui intéresse plus particulièrement les enquêteurs", a-t-il ajouté. "Les perquisitions opérées aujourd'hui (vendredi) par les enquêteurs ont conduit à des saisies justifiant de nouvelles analyses scientifiques", a poursuivi le procureur.
Des "soupçons" sur deux hommes
Ces analyses pourraient permettre de découvrir des traces de l'ADN de Mathias aux domiciles des témoins en garde à vue, précise-t-on de source proche de l'enquête. De même source, on avait indiqué plus tôt dans la journée que deux hommes étaient en garde à vue. Les enquêteurs ont des "soupçons" à l'encontre de ces deux hommes, âgés de 30 à 50 ans, originaires de la même commune des alentours de Moulins-Engilbert, selon cette source. Ils ont déjà été entendus dans ce dossier et l'un d'eux a des "antécédents judiciaires". Ils étaient tous deux "présents" ou "susceptibles d'avoir été présents" à la fête organisée samedi dans la salle polyvalente du village au cours de laquelle Mathias avait disparu.
Le ministre de l'Intérieur a rencontré vendredi après-midi les enquêteurs, puis la famille de Mathias pour témoigner de sa sympathie. "L'enquête progresse et les choses pourraient avancer rapidement", a dit Nicolas Sarkozy.
Les obsèques de Mathias se sont déroulées vendredi après-midi. Quelque 300 personnes avaient pris place dans la petite église de Moulins-Engilbert, tandis que 400 autres s'étaient rassemblées à l'extérieur pour écouter la messe grâce à des hauts-parleurs. Les autorités attendaient plusieurs milliers de personnes et avaient barré les rues du centre.
Des fleurs blanches aux volets
D'après des témoignages, deux prêtres ont lu des hommages au petit Mathias, un enfant "pur" au "corps meurtri", et ont appelé à prier pour lui. "L'atmosphère était extrêmement recueillie et la chorale très solennelle", selon une habitante, qui a mis comme la plupart de ses voisins des fleurs blanches à ses volets. Les magasins avaient fermé leurs rideaux le temps des obsèques.
C'est tout un canton qui a pris le deuil. "Nos parents ont demandé l'autorisation que nous n'allions pas en cours pour être à la messe", ont indiqué Andréa et Lucie, collégiennes à Châtillon-en-Bazois. Pour ces jeunes filles de 15 et 14 ans, "c'est inhumain ce que son meurtrier lui a fait, c'est difficile d'accepter cela". Le corps sans vie de Mathias avait été retrouvé dimanche matin à Moulins-Engilbert. L'autopsie a établi qu'il a été violé par son agresseur. L'enfant a été inhumé dans le cimetière de ce village de 1.500 âmes.
(L'hommage du village de la Nièvre au garçonnet/TF1/DR)
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