Mont Saint-Odile : début du procès

le 02 mai 2006 à 16h52 , mis à jour le 02 mai 2006 à 22h14

Le procès de la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile s'est ouvert mardi après-midi à Colmar. Plus de 14 ans après les faits, il doit tenter de faire toute la lumière sur l'accident qui avait 87 morts, ne laissant que 9 survivants.

TF1/LCI Famille Mont Saint Odile procès Colmar

Le procès de la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin) s'est ouvert mardi après-midi à Colmar, plus de quatorze ans après les faits, pour tenter de faire toute la lumière sur l'accident qui avait 87 morts, ne laissant que 9 survivants.

Le coup d'envoi a été donné peu par le président du tribunal correctionnel de Colmar Pierre Wagner devant une salle de 700 places spécialement aménagée du parc des Expositions à Colmar pour accueillir ce procès hors norme, destiné à juger un contrôleur aérien et cinq anciens cadres de l'Aviation civile, d'Air Inter et d'Airbus Industrie.

350 parties civiles

Cinq d'entre eux étaient présents mardi, l'ex-directeur général adjoint de la compagnie Air Inter Daniel Cauvin n'ayant pas pu se déplacer en raison de problèmes de santé. Debout, les cinq, dont l'ancien directeur technique d'Airbus Industrie Bernard Ziegler, ont écouté l'énoncé de la liste des victimes, des chefs retenus et des noms des 350 parties civiles.

Le procès qui doit durer neuf semaines, devra tenter d'expliquer pourquoi un Airbus A320 de la compagnie Air Inter effectuant une liaison Lyon-Strasbourg s'est écrasé le 20 janvier 1992 sur le Mont Sainte-Odile alors qu'il se préparait à atterrir sur l'aéroport de Strasbourg-Entzheim. Selon l'enquête administrative, l'avion descendait trop vite et s'était écarté de sa trajectoire.

D'emblée, Pierre Wagner a évoqué le délai "sans conteste long, très long, trop long" des 14 ans qu'aura duré l'instruction, l'expliquant, en se gardant de vouloir le justifier, par "l'absence de cause technique évidente" ou de "cause exclusivement humaine" de la catastrophe, et la "multiplicité des expertises" qui se sont succédé.

Réunis juste avant le début du procès, les membres de l'association Echo qui rassemble des rescapés et familles des victimes, ont réclamé une définition claire des responsabilités ayant conduit au drame. "On attend que les responsabilités soient clairement définies. Cela nous aidera à tourner la page", a déclaré Mme Dominique Béguin, secrétaire générale d'Echo, qui a perdu son compagnon dans la catastrophe.

Faire éclore "la vérité"

Lors de leur assemblée générale, les membres de l'association ont observé une minute de silence et ont souhaité dans une prière "que les débats se déroulent dans la dignité et la transparence". Le président d'Echo Alvaro Rendon, qui a perdu son épouse, a pour sa part stigmatisé "l'arrogance des grandes entreprises et de l'Etat". "Je voudrais qu'ils nous regardent les yeux dans les yeux" a déclaré l'homme qui se bat depuis le milieu des années 1990 pour faire éclore "la vérité".

Les six prévenus comparaissent tous pour "homicides et blessures involontaires". Ils encourent une peine maximale de deux ans de prison et 30.000 francs (4.573 euros) d'amende. Il est reproché à trois d'entre eux, deux anciens responsables de l'Aviation civile, l'ex-directeur général Pierre-Henri Gourgeon et l'ex-chef du contrôle technique Claude Frantzen ainsi qu'à M. Cauvin l'absence d'un "avertisseur de proximité du sol" (GPWS) à bord de l'avion accidenté qui aurait permis d'alerter les pilotes à 17 secondes de l'impact.

Le contrôleur aérien alors présent à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, Eric Lammari, a été mis en examen pour avoir mal guidé l'avion lors de son atterrissage. M. Ziegler comparait notamment pour une mauvaise ergonomie du poste de pilotage qui aurait conduit les pilotes à confondre l'angle de descente avec la vitesse de descente.

L'ancien directeur d'exploitation d'Air Inter Jacques Rantet doit répondre de la composition de l'équipage, constitué d'un pilote et d'un co-pilote qui n'avaient que très peu d'expérience sur l'A320, un appareil novateur lancé quatre ans avant le drame.

Photo d'ouverture : les familles avant l'ouverture du procès mardi à Colmar. TF1/LCI

le 02 mai 2006 à 16:52
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10 Commentaires

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  • Dominique, le 03/05/2006 à 17h28

    Comme d'habitude dans ce genre de catastrophe, on ne saura jamais la vérité. les familles sont elles prêtes à entendre que le pilote avait son fils sur les genoux et que celui ci a désactivé le pilotage automatique, ou que les pilotes étaient bourrés, comme cela s'est déjà produit sans que personne ne le sache ? (source : un décrypteur de boîtes noires ancien pilote)

  • Vastre, le 03/05/2006 à 04h40

    Ce n'est pas avec cette affaire que la justice va redorer son blason ! Sert-elle encore à quelque chose ? Ne serait-il pas utile de la privatiser ?

  • Greg, le 03/05/2006 à 00h40

    Je suis stupefait de voir apparaitre dans votre reportage les noms des personnes incriminees, en particulier celui du controleur aerien. Je vous rappelle qu'un cas tres comparable a conduit a l'assassinat d'un controleur aerien suisse recemment, avant meme tout proces equitable. J'en appelle a votre sens des responsabilites, un crash aerien est toujours sujet aux passions, et on a appris en suisse ou elles menent. En esperant que vous avez conscience des risques que vous prenez (les medias suisses l'ont compris). meilleures salutations

  • Manu, le 02/05/2006 à 20h55

    A Caro de lille, tu ne voudrais pas les guillotiner quand même c'est gens !!! Ce ne sont que des salariés qui ont bossés !!! A t'entendre il ne faudrait plus rien rien faire pour eviter tous problemes ou responsabilités. Il y a eu des problemes sur ce vol et sans doute des responsabilités à définir mais ne focalisont pas sur des responsabilités exclusivement individuelles !!! allons !!

  • Vastre, le 02/05/2006 à 19h18

    N'est-t-il pas possible de repousser le procès de quelques années (25 à 78), pour renforcer un peu la crédibilité de la justice ? En cherchant bien les moyens de droit, on devrait pouvoir trouver la possibilité de faire un renvoi !

  • Poker, le 02/05/2006 à 19h08

    Quatorze ans, c'est juste ce qu'il faut à un avion majeur comme l'Airbus A320 pour concrétiser une carrière commerciale en béton. Le reste n'est (hélas) que détails, bisbilles et embrouilles à tous les étages. Le métier d'avocat, c'est tout un art...

  • Vastre, le 02/05/2006 à 17h51

    Qu'on arrête de se ficher de nous : au delà de 3 mois, la justice de la France devrait s'excuser auprès des justiciables et transférer l'affaire à la justice d'un pays voisin (moyennant finances), capable de juger dans un délai raisonnable. On a honte de voir juger après 15 ans une affaire qui ridiculise (une fois de plus est coûtume !) l'administration judiciaire. Le ministre devrait se mettre la tête sous le sable jusqu'à la fin de son mandat. Les mauvaises langues prétendent qu'il s'appellent "Clément" ! Le ridicule ne tue plus, heureusement.

  • Didier, le 02/05/2006 à 17h50

    14 ans ! 5110 jours et nuits aux familles pour penser et repenser aux disparus, femmes, maris, enfants, oncles, tantes, en ont-ils seulement fait le deuil avec toutes ces expertises, contre expertises, rappelant sans cesse les proches qu’elles ont perdu ? En plus des dommages demandés à la compagnie, je demanderai des dommages à la justice pour « torture mentale ». Même si l’argent ne fera par revenir les disparus, c’est la seule chose aujourd’hui que certaines personnes comprennent, surtout les « Business Compagnie » et autres institutions. Courage aux familles en souhaitant, que cette dernière étape, je l’espère, ne soit pas une nouvelle épreuve.

  • Vastre, le 02/05/2006 à 17h43

    Une fois de plus la justice se couvre de ridicule : pourquoi ne pas attendre quelques siècles de plus pour rendre ce que les idiots appellent la justice. Les délais requis par une administration de mammouths ont-ils encore un sens vis à vis de la peine des familles de victimes. La République méprise et foule aux pieds les citoyens ! J'ai honte de mon pays. Et nos dirigeants ont bien d'autres soucis : la lutte entre Chirac et ses "ennemis" prévalent sur les intérêts des citoyens. Tellement aigri par ce que je constate, je comprends que vous ne puissiez diffuser ce qui dénigre vos amis !

  • Caro, le 02/05/2006 à 17h33

    2 ans de prison pour 87 morts????? c'est une mauvaise blague?????? rassurez moi, vous avez fait une erreur en écrivant cet article?????

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