
"Aucun acte de violence n'est excusable" et "il y a eu cette nuit des faits qui sont inacceptables", a affirmé le numéro un du PS, au lendemain des échauffourées à Montfermeil en Seine Saint-Denis. "En même temps, le maire de Montfermeil a crée une situation sur place qui est un facteur de violence", a ajouté François Hollande. "Quand on stigmatise les jeunes au point de ne pas les voir rassemblés à plus de trois dans les rues, quand on multiplie les contrôles policiers à des fins souvent de vexation, quand on crée un climat de peur mutuelle dans une ville, on a un contexte qui peut devenir, hélas, favorable à ce type d'émeutes", a souligné le patron du PS.
Des échauffourées violentes ont opposé, dans la nuit de lundi à mardi, à Montfermeil les forces de l'ordre à une centaine de jeunes qui ont caillassé le domicile du maire, Xavier Lemoine, auteur en avril d'un arrêté anti-bandes. Selon François Hollande, "le gouvernement est directement interpellé, car Nicolas Sarkozy (ministre de l'Intérieur) aurait dû condamner beaucoup plus fermement et beaucoup plus vite le maire de Montfermeil, qui est un de ses amis politique", et "ne pas attendre que la justice administrative annule l'arrêté anti-bandes". "Ceux qui au sommet de l'Etat pensent qu'ils en ont terminé avec ce qui s'est produit au mois de novembre doivent prendre ces événements tout à fait au sérieux", a ajouté le premier secrétaire du PS pour qui, depuis les émeutes de novembre, "rien de sérieux n'a été engagé" par le gouvernement dans les quartiers sensibles.
"On attend la réaction du nettoyeur"
Le numéro 2 du Front national Bruno Gollnisch a, lui, ironisé sur le "karcher en panne" du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Avant l'automne dernier, Nicolas Sarkozy promettait de nettoyer les banlieues au Karcher", a déclaré Bruno Gollnisch dans un comuniqué. Aujourd'hui "on attend la réaction du nettoyeur de la place Beauvau. On attend surtout des actes", a-t-il ajouté. Le Front national "adresse sa sympathie aux fonctionnaires blessés" lors des affrontements, "et prépare la politique cohérente et ferme (...) qui mettra fin à une situation chaque jour plus insupportable", a également déclaré Bruno Gollnisch.
Selon le syndicat de policiers UNSA-police, l'attitude du maire UMP de Montfermeil serait à l'origine des violences de la nuit dernière. "Le maire de Montfermeil a récolté les fruits des décisions intempestives qu'il a prises", a déclaré Francis Masanet, secrétaire général adjoint de l'UNSA-police. "Encore une fois, ce sont les policiers qui subissent les conséquences des politiques locales. Quand on prend des décisions qui touchent à la liberté des personnes, il va de soi qu'on s'expose à des représailles de la part des jeunes. Mais les policiers ne doivent pas être là pour en payer les conséquences", a-t-il poursuivi.
Image LCI. Les rues de Montfermeil dans le nuit de lundi à mardi.
(D'après AFP)
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