9 Mai 2006 : Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy est entendu pendant deux heures par le juge Jean-Marie D'Huy. Il était auditionné à sa demande, comme partie civile.Semaine décisive pour Dominique de Villepin et pour l'affaire Clearstream. Les premières auditions ont débuté mardi matin avec celle du ministre de l'Intérieur. Nicolas Sarkozy a quitté mardi peu après 11H30 le bureau du juge Jean-Marie D'Huy qui l'a entendu pendant deux heures comme partie civile dans le cadre de l'enquête sur les dénonciations calomnieuses du corbeau dans l'affaire Clearstream. "J'ai été reçu en tant que victime, je leur ai dit que je voulais la vérité, je leur fais toute confiance pour la trouver", a simplement déclaré à sa sortie M. Sarkozy sans autre précision.
Le ministre de l'Intérieur a été entendu au pôle financier, rue des Italiens (IXe) par le juge d'Huy, l'un des deux juges avec Henri Pons enquêtant sur cette affaire. Visé par l'un des courriers du mystérieux dénonciateur, Nicolas Sarkozy s'est constitué partie civile le 31 janvier dans ce dossier d'instruction visant les faits de "dénonciations calomnieuses". Il a aussitôt demandé à être entendu par les magistrats sur cette affaire dans laquelle le Premier ministre Dominique de Villepin, son concurrent potentiel à la candidature à la Présidence de la République, apparaît en première ligne. Mardi soir, quelques heures après cette audition, la "détestable affaire Clearstream" s'est d'ailleurs invitée dans le discours du président de l'UMP prononcé à Nîmes, au milieu d'un long plaidoyer pour la France (lire : "Sarkozy dénonce "l'immobilisme" et "la détestable affaire Clearstream")
Une affaire d'Etat
Depuis, le dossier a pris la dimension d'une affaire d'Etat après la mise en cause devant MM. Pons et d'Huy du Premier ministre et indirectement du président de la République, Jacques Chirac, par le général Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (Cros) du ministre de la Défense de 1997 à fin 2005. L'officier général a expliqué aux juges avoir été chargé le 9 janvier 2004 par Dominique de Villepin d'opérer des "vérifications" sur des personnalités citées par les courriers du corbeau. "A aucun moment, il ne s'est agi d'enquêter sur de quelconques personnalités politiques", avait assuré jeudi le Premier ministre, ajoutant que "le nom de Nicolas Sarkozy n'a pas été évoqué", lors de cette réunion," en liaison avec de quelconques affaires" mais "comme ministre de l'Intérieur".
Après Nicolas Sarkozy, d'autres victimes du corbeau qui se sont également constituées partie civile seront entendues. Parmi elles, Dominique Strauss-Khan, Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Patrick Ollier, mais aussi la société Cleartrseam.
| La motion de censure des députés socialistes |
Les députés socialistes ont décidé mardi du "principe du dépôt d'une motion de censure" dont ils fixeront la date en fonction des développements de l'affaire Clearstream, a-t-on appris auprès de plusieurs d'entre eux. Les députés socialistes fixeront la date du dépôt de leur motion de censure "au moment opportun et en fonction des derniers développements" de l'affaire Clearstream, ont rapporté le député PRG apparenté au groupe PS, Roger-Gérard Schwartzenberg et le député PS de Paris Christophe Caresche. Les socialistes sont partagés entre une motion de censure dénonçant "l'ensemble de la politique du gouvernement", et une motion centrée sur l'affaire Clearstream. Un peu plus tôt dans la matinée, le porte-parole du PS, Julien Dray avait expliqué que les socialistes attendaient pour déposer une éventuelle motion que Jacques Chirac s'exprime. "Comme on attend une décision du président de la République, on est amené à différer l'utilisation de la motion de censure en fonction de cela", avait-il dit.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



