© LCIQuatre fonctionnaires de police ont été légèrement blessés mardi soir alors qu'ils tentaient de riposter à des personnes qui jetaient des pierres sur le commissariat de la rue d'Utrillo à Montfermeil, selon la police. A Clichy-sous-Bois et Montfermeil, deux villes voisines qui avaient été le berceau des émeutes urbaines de l'automne, cinq personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit de mardi à mercredi, majoritairement pour des jets de projectiles. Une dizaine de voitures ont été brûlées dans ces deux villes.
Muhittin Altun, qui avait été gravement brûlé dans le transformateur où deux de ses camarades, Zyed Bena et Bouna Traore, avaient trouvé la mort le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, comptait parmi les personnes placées en garde en vue mardi soir à l'hôtel de police de Bobigny. Agé de 18 ans, Muhittin est sorti de garde à vue mercredi avec une convocation devant le tribunal pour dégradation volontaire d'un véhicule de police. "Muhittin Altun a été placé en garde à vue pour des faits dérisoires, un jet de pierre qu'il nie avec la dernière énergie. Nous sommes convaincus de son innocence" a indiqué dans la nuit de mardi à mercredi l'un des deux avocats de M. Altun, Jean-Pierre Mignard.
Préméditation
A la limite de Montfermeil et Clichy-sous-Bois, devant les tours de la cité des Bosquets, vers 23h30, des journalistes de l'AFP ont vu brûler un véhicule de police, dont sont sortis quatre policiers, visiblement choqués. Un hélicoptère, muni d'un projecteur, survolait les deux villes mardi soir. Lundi soir, les échauffourées qui avaient opposé à Montfermeil les forces de l'ordre à une centaine de jeunes cagoulés blessant sept policiers.
"Plus de 100 voyous vous ont pris à partie, cagoulés et armés", a lancé le ministre aux policiers, rassemblés au commissariat de Gagny. "Face à une telle détermination, on ne peut nier l'évidence : il y avait préméditation", avait déclaré le ministre de l'Intérieur mardi en déplacement sur les lieux. Le ministre de l'Intérieur a lui-même été pris à partie par quelques jeunes. Regardez la vidéo.
"Le gouvernement très vigilant"
A la demande de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a fait le point mercredi en Conseil des ministres sur ces nouvelles violences, survenues dans deux villes qui avaient été le berceau des émeutes de l'automne. Le ministre de l'Intérieur a notamment "rappelé les moyens mis en oeuvre". "Le gouvernement est à la fois très vigilant pour tout ce qui touche à la sécurité des personnes et des biens" dans les quartiers sensibles et "il est aussi mobilisé sur la politique d'égalité des chances (...) qui apporte des réponses très concrètes à beaucoup des problèmes qui sont posés dans ces quartiers", a souligné le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé.
Pour sa part, le Parti socialiste a condamné mercredi "avec la plus grande fermeté" les actes de violences à Montfermeil, tout en dénonçant "la stratégie de tension adoptée" par Nicolas Sarkozy. Deux syndicats de police, le Syndicat des commissaires et hauts-fonctionnaires de la police nationale et Alliance, ont dénoncé quant à eux la "faible réponse pénale" de la justice face aux incidents.
Photo : dans la nuit de mardi à mercredi, des forces de police déployées à Montfermeil.
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