L'ombre de Clearstream sur les cérémonies du 8 mai

le 08 mai 2006 à 16h52 , mis à jour le 08 mai 2006 à 22h05

Les principaux protagonistes de l'affaire Clearstream, de Jacques Chirac à Michèle Alliot-Marie en passant par Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, étaient à quelques pas les uns des autres ce lundi devant l'Arc de Triomphe. Chaque geste était épié, alors que les rumeurs de changement de Premier ministre continuent.

TF1/LCI : Clearstream : Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, à quelques pas l'un de l'autre pour la célébration du 8 mai 1945 Clearstream : Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, à quelques pas l'un de l'autre pour la célébration du 8 mai 1945

Ambiance quelque peu étrange ce lundi place de l'Etoile, à Paris, pour une cérémonie largement marquée par l'affaire Clearstream. Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie : tous les protagonistes de l'affaire présents au gouvernement se tenaient face aux appareils-photos et aux caméras... C'était la première fois qu'ils étaient ainsi réunis en public depuis qu'a éclaté la crise "Clearstream" - d'où l'aspect hautement symbolique de cette image...

Cette année, la célébration du 8 mai 1945 a commencé, comme à l'accoutumée, par la revue des troupes autour de l'Arc de Triomphe. Accompagné par le chef d'état-major, le général Henri Bentégeat, Jacques Chirac, a été accueilli à sa descente du command-car par le Premier ministre et la ministre de la Défense, scrutés par de nombreux photographes et journalistes audiovisuels. Poignées de main, sourires, échanges : tout était observé, commenté, alors que les rumeurs vont bon train sur la capacité de Dominique de Villepin à se maintenir à la tête du gouvernement malgré les développements du scandale Clearstream.

Rumeurs que n'ont pas arrêtées les démentis formels de l'Elysée d'un remaniement prochain et qui se doublent de spéculations sur une éventuelle arrivée de Nicolas Sarkozy à Matignon. L'opposition pour sa part fourbit ses armes : le député PRG Roger-Gérard Schwartzenberg a ainsi souhaité, lundi dans un communiqué, le dépôt, par l'opposition, d'une motion de censure contre Dominique de Villepin, "ciblée sur l'instrumentalisation de la DGSE et de la DST dans un but personnel lié à la préparation de la présidentielle".

Crépitements d'appareils-photos autour de  Nicolas Sarkozy

Ce lundi place de l'Etoile, l'ensemble du gouvernement, bleuet de France - symbole de mémoire et de solidarité - à la boutonnière, avait pris place dans une des tribunes officielles, installée à l'angle de l'avenue des Champs-Elysées. Dans l'ordre protocolaire, Nicolas Sarkozy, numéro deux du gouvernement, était aux côtés du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Avant et après la cérémonie, le ministre de l'Intérieur a été assailli par les photographes.

A l'issue de la célébration, Jacques Chirac, suivi de Dominique de Villepin et Mme Alliot-Marie, est allé saluer l'ensemble des invités dans les différentes tribunes dressées autour de la place de l'Etoile. Le chef de l'Etat a serré la main de chaque membre du gouvernement, après s'être attardé un peu plus longtemps auprès du président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, un fidèle chiraquien. Dans la foulée, le Premier ministre a aussi salué les participants, puis serré quelques mains, avant de regagner sa voiture sans s'attarder, au contraire de Jacques Chirac qui a longuement salué la tribune réservée à des jeunes issus de milieux et de régions diverses. Lorsqu'à son tour Nicolas Sarkozy a salué cette tribune, de nombreux téléphones portables-appareils photos ont été brandis par les participants pour immortaliser l'instant.

Un peu plus tard dans la journée, lors des 577èmes fêtes de Jeanne d'Arc qu'elle présidait à Orléans, Michèle Alliot-Marie a appelé à servir la France en dépassant "les petites individualités". "Le service de l'Etat ne doit jamais et ne peut jamais être le prétexte d'une ambition personnelle ou carriériste", a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité, selon elle, de "servir jusqu'au bout, avec les risques et les sacrifices que cela comporte".

Si Sarkozy va à Matignon, il devra avoir "liberté d'action" (Devedjian)

Dans une interview au Monde, Patrick Devedjian, député UMP proche de Nicolas Sarkozy, rappelle que Jacques Chirac a voulu faire de 2006 "une année utile". Et "pour qu'elle le soit, il faut qu'elle donne lieu au changement qu'incarne Nicolas Sarkozy. Si le président de l'UMP devait accepter la charge de Premier ministre, ce ne pourrait être que pour mener la politique qu'il croit indispensable à l'intérêt de la France. Il devra avoir une forte liberté d'action et de moyens", ajoute l'élu des Hauts-de-Seine.

Photo d'ouverture : Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, à quelques pas l'un de l'autre pour la célébration du 8 mai 1945 - DR

le 08 mai 2006 à 16:52
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7 Commentaires

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  • Oa, le 09/05/2006 à 12h53

    Comment le 1 er Ministre peut il rester ? c'est une enigme, aucune démocratie du monde ne saurait s'abaisser à de telles compromissions...c'est insensé et indigne de la France, les grands premiers ministres et présidents de la France morts doivent se retouner ds leurs tombes, de honte !

  • Aurelia, le 09/05/2006 à 10h37

    J'aime a entendre les critiques parfois virulentes des brontosors de Gauche, ont il oubliés les affaires de passé dans lesquelles ils étaient impliqués, il n'y a pas encore longtemps il y avait le procés de la MNEF, alors un peu de retenue messieurs les démagos d'autant que la lumière n'est pas encore faite!

  • Frantz, le 09/05/2006 à 10h30

    Le pouvoir... des années pour l'acquérir... quelques instants fugaces pour s'y griser ! Et les français dans tout cela ? Ils rclamment toujours moins d'état, plus de liberté d'initiative, plus de justice et d'équité. La rupture dont tout le monde parle passe d'abord par un sérieux toilettage des institutions, des contrats d'objectifs sanctionnables par le vote... et un gros dégraissage chez nos élus. La première place à laisser aux jeunes est en politique.

  • Zygmunt, le 09/05/2006 à 01h04

    Belle image que nos hommes politiques donnent de la France.Il est temps de changer de système, sans quoi aux prochaines élections, il n'y aura que 25% de votant et 75% d'électeurs écoeurés par tous ceux qui nous mènent par le bout du nez depuis trop d'années. Les partis politiques : vraiment,pourquoi faire ?.

  • Louis, le 08/05/2006 à 20h37

    Peut-on m'expliquer pourquoi Sarkozy, après avoir tout fait pour déstabiliser et affaiblir politiquement Dominique de Villepin, semblerait hésiter à aller à Matignon si le Président de la République le lui demandait? Pourquoi les amis de Sarkozy redoutent-ils tant Matignon pour leur chef de file? A quoi fait allusion Patrick Devedjian dans son article publié dans "Le Monde" lorsqu'il évoque la "liberté d'action" et les "moyens" qu'il faudrait à Sarkozy pour qu'il accepte une éventuelle nomination en tant que Premier Ministre? Patrick Devedjian semble oublier que Nicolas Sarkozy est Président de l'UMP et que l'UMP dispose de la majorité tant à l'Assemblée Nationale qu'au Sénat. Si Sarkozy était nommé Premier Ministre, il aurait donc tous les moyens politiques pour mettre en oeuvre sa politique. Et je pense même qu'il pourrait disposer d'un gouvernement essentiellement "Sarkozyste". Car à l'image d'Alain Juppé qui a fait savoir, à travers son blog, qu'il ne souhaitait exercer aucune responsabilité nationale dans l'immédiat, aucun "Chiraco-Villepiniste" non plus ne serait tenté par une telle aventure. Sarkozy aurait les mains totalement libres pour gouverner pendant un an et montrer réellement ce dont il est capable, non plus comme Ministre de l'Intérieur mais comme Premier Ministre. Il appartiendra ensuite aux Français de juger en 2007.

  • DITI, le 08/05/2006 à 18h31

    Les français en ont marre de ce cinéma, de ces scandales, de ces rumeurs : quant aux socialistes, qui sont prêts à grimper aux arbres, qu'ils n'oublient surtout pas leur propre boue : à commencer par celle dans laquelle, courageux comme ils sont, ils ont enlisé Madame Cresson premier ministre. Ils ont la mémoire courte (sang contaminé, etc... etc... La gauche, éternelle donneuse de leçons, a un sacré ménage à faire. Merci de me publier

  • Dom, le 08/05/2006 à 18h18

    Le battage médiatique sur cette affaire est une nouvelle fois exceptionnellement lourd et insistant. Le 1er ministre est mis en accusation sur des supputations, alors que la justice n'a remis aucune conclusion. Son départ annoncé n'est fondé que sur des rumeurs des cercles parisiens intéressés. Il y a donc un enjeu politique clair à continuer de déstabiliser ce que d'aucuns appellent une fin de règne. Nous avons les media que nous méritons !

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