Clearstream : Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, à quelques pas l'un de l'autre pour la célébration du 8 mai 1945 Ambiance quelque peu étrange ce lundi place de l'Etoile, à Paris, pour une cérémonie largement marquée par l'affaire Clearstream. Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie : tous les protagonistes de l'affaire présents au gouvernement se tenaient face aux appareils-photos et aux caméras... C'était la première fois qu'ils étaient ainsi réunis en public depuis qu'a éclaté la crise "Clearstream" - d'où l'aspect hautement symbolique de cette image...
Cette année, la célébration du 8 mai 1945 a commencé, comme à l'accoutumée, par la revue des troupes autour de l'Arc de Triomphe. Accompagné par le chef d'état-major, le général Henri Bentégeat, Jacques Chirac, a été accueilli à sa descente du command-car par le Premier ministre et la ministre de la Défense, scrutés par de nombreux photographes et journalistes audiovisuels. Poignées de main, sourires, échanges : tout était observé, commenté, alors que les rumeurs vont bon train sur la capacité de Dominique de Villepin à se maintenir à la tête du gouvernement malgré les développements du scandale Clearstream.
Rumeurs que n'ont pas arrêtées les démentis formels de l'Elysée d'un remaniement prochain et qui se doublent de spéculations sur une éventuelle arrivée de Nicolas Sarkozy à Matignon. L'opposition pour sa part fourbit ses armes : le député PRG Roger-Gérard Schwartzenberg a ainsi souhaité, lundi dans un communiqué, le dépôt, par l'opposition, d'une motion de censure contre Dominique de Villepin, "ciblée sur l'instrumentalisation de la DGSE et de la DST dans un but personnel lié à la préparation de la présidentielle".
Crépitements d'appareils-photos autour de Nicolas Sarkozy
Ce lundi place de l'Etoile, l'ensemble du gouvernement, bleuet de France - symbole de mémoire et de solidarité - à la boutonnière, avait pris place dans une des tribunes officielles, installée à l'angle de l'avenue des Champs-Elysées. Dans l'ordre protocolaire, Nicolas Sarkozy, numéro deux du gouvernement, était aux côtés du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Avant et après la cérémonie, le ministre de l'Intérieur a été assailli par les photographes.
A l'issue de la célébration, Jacques Chirac, suivi de Dominique de Villepin et Mme Alliot-Marie, est allé saluer l'ensemble des invités dans les différentes tribunes dressées autour de la place de l'Etoile. Le chef de l'Etat a serré la main de chaque membre du gouvernement, après s'être attardé un peu plus longtemps auprès du président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, un fidèle chiraquien. Dans la foulée, le Premier ministre a aussi salué les participants, puis serré quelques mains, avant de regagner sa voiture sans s'attarder, au contraire de Jacques Chirac qui a longuement salué la tribune réservée à des jeunes issus de milieux et de régions diverses. Lorsqu'à son tour Nicolas Sarkozy a salué cette tribune, de nombreux téléphones portables-appareils photos ont été brandis par les participants pour immortaliser l'instant.
Un peu plus tard dans la journée, lors des 577èmes fêtes de Jeanne d'Arc qu'elle présidait à Orléans, Michèle Alliot-Marie a appelé à servir la France en dépassant "les petites individualités". "Le service de l'Etat ne doit jamais et ne peut jamais être le prétexte d'une ambition personnelle ou carriériste", a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité, selon elle, de "servir jusqu'au bout, avec les risques et les sacrifices que cela comporte".
Dans une interview au Monde, Patrick Devedjian, député UMP proche de Nicolas Sarkozy, rappelle que Jacques Chirac a voulu faire de 2006 "une année utile". Et "pour qu'elle le soit, il faut qu'elle donne lieu au changement qu'incarne Nicolas Sarkozy. Si le président de l'UMP devait accepter la charge de Premier ministre, ce ne pourrait être que pour mener la politique qu'il croit indispensable à l'intérêt de la France. Il devra avoir une forte liberté d'action et de moyens", ajoute l'élu des Hauts-de-Seine. Si Sarkozy va à Matignon, il devra avoir "liberté d'action" (Devedjian)
Photo d'ouverture : Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, à quelques pas l'un de l'autre pour la célébration du 8 mai 1945 - DR
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