Corse carte des attentats du 11 mai © TF1/LCIPeu avant 22h, le sol a tremblé dans tout le centre-ville d'Ajaccio quand une bombe a explosé devant la porte d'entrée d'une perception du Trésor Public, à quelques mètres de la terrasse d'un bar-restaurant à moitié remplie. Plus de peur que de mal : la bombe, de faible puissance, a provoqué une déflagration assourdissante et un puissant effet de souffle en raison du confinement de l'endroit où elle avait été déposée, mais elle n'a même pas brisé la vitre blindée de la perception.
A peine arrivés sur place, les responsables de la police entendent leurs téléphones portables sonner en chœur : une, deux, trois puis quatre explosions leur étaient signalées. A Tiuccia, dans le golfe de Sagone, à une trentaine de kilomètres de là, à Olmeto-Plage, dans le golfe de Propriano, à Porto-Vecchio, sur la côte sud-est et à Monaccia d'Aullène, dans l'extrême-sud de l'île.
Tentative
Quelques minutes plus tard, ils partaient tous en trombe en direction du rectorat de Corse, à quelques centaines de mètres de la perception, où les policiers venaient de découvrir, devant la porte d'entrée, une charge explosive dont la mèche avait fait long feu. Un petit pain d'explosif utilisé dans les carrières, enserré dans une gang de ruban adhésif, gisait encore sur le sol. Une mèche d'une trentaine de centimètres en émanait, dont l'extrémité seule était noircie.
"Démonstration de force"
A Ajaccio, jeudi soir - TF1/LCI
"Si ça s'arrête là, on peut dire que c'est le début d'une petite nuit bleue", commentait un officier de police habitué à la Corse. "Dans les années 1980, il pouvait y avoir plusieurs dizaines d'attentats la même nuit, mon record, c'est 118 en 1981 ou 1982", lâche-t-il désabusé. Un peu plus tard, deux nouveaux attentats, perpétrés vers minuit, étaient signalés: une bombe de faible puissance a légèrement endommagé un bureau de Poste à Corte (Haute-Corse) et une explosion a retenti à Bonifacio, à l'extrême sud de l'île, dans un endroit encore non indentifié.
Huit attentats ou tentatives quasi-simultanées, avec des cibles symboles de l'Etat, "c'est sans doute l'oeuvre d'une même organisation, qui voulait faire une démonstration de force", a déclaré le procureur de la République José Thorel, avant que le parquet antiterroriste de Paris ne se saisisse de l'ensemble des enquêtes, confiées à la PJ d'Ajaccio, à la DNAT parisienne et aux gendarmes. Les attentats interviennent alors que les deux principaux mouvements indépendantistes clandestins, le FLNC-Union des Combattants et le FLNC "du 22 octobre", rivalisent de communiqués très vindicatifs.
D'après AFP
(Image LCI/TF1 : hier soir, sur les lieux d'un attentat)
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