Pour Villepin, "tout part d'un pétard mouillé"

Par O.C avec AFP, le 02 mai 2006 à 08h38 , mis à jour le 02 mai 2006 à 21h33

"Rien ne justifie un départ". Invité à s'expliquer sur l'affaire Clearstream sur Europe 1, le Premier ministre a exclu mardi toute démission. Se disant "à la disposition de la justice", Dominique de Villepin a également écarté un remaniement ou des élections anticipées.

TF1/LCI Villepin Affaire Clearstream

Dominique de Villepin contre-attaque. Avant d'affronter les députés lors de la traditionnelle séance de questions au gouvernement à 15h et avant une rencontre avec les députés UMP, qui le soutiennent comme l'affirme Bernard Accoyer, le Premier ministre était l'invité d'Europe 1. Mis en cause dans le cadre de l'affaire Clearstream, le Premier ministre a rejeté l'idée d'une démission de sa part. "Rien ne justifie un départ" a-t-il répondu d'entrée à Jean-Pierre Elkabbach qui l'interrogeait mardi matin. Dominique de Villepin s'est déclaré "choqué" et "indigné" par une "campagne de calomnie" qui le "vise". "On m'a accusé injustement sur la base de déclarations qui ont été tronquées", souligne-t-il. Il souhaite que toute "la vérité soit faite" et se dit prêt à collaborer avec la justice. "J'apporterais tout son concours à la justice" a- t-il annoncé ajoutant qu'il était à sa disposition si elle le souhaite.

Le nom de Nicolas Sarkozy "à aucun moment évoqué"

"Je n'ai jamais demandé qu'on enquête sur une quelconque personnalité politique", a-t-il dit. Selon lui, le nom de Nicolas Sarkozy n'a "à aucun moment été évoqué "lors de la réunion du 9 janvier 2004 sur l'affaire des frégates.  Il contredit en cela le compte-rendu de l'audition du général par les juges enquêtant sur l'affaire Clearstream, révélées par Le Monde, et selon lequel le nom de Nicolas Sarkozy a bel et bien été évoqué. Dans Le Figaro daté de mardi, le général Rondot affirme que "jamais Dominique de Villepin ne (lui) a demandé de s'intéresser aux politiques" mais reconnaît que le nom de M. Sarkozy a bel et bien été évoqué parmi d'autres lors de cette réunion.

Dans cette affaire, il affirme ne s'être "jamais intéressé à aucune liste" de noms.Lors de la réunion dans son bureau le 9 janvier 2004, alors qu'il était ministre de l'Intérieur, avec le général Rondot, le Premier ministre a expliqué qu'il avait alors "eu connaissance de menaces liées à des réseaux terroristes et mafieux". "Je reçois ces informations, je les fais vérifier, c'est ce que je demande au général Rondot. C'était le devoir qui était le mien, c'est ce que j'avais à faire. Je demande qu'on établisse la vraisemblance d'un certain nombre de menaces qui peuvent peser sur la sécurité nationale", affirme Dominique de Villepin. "Je n'ai à aucun moment eu connaissance et je ne me suis jamais intéressé à aucune liste", a-t-il ajouté, insistant sur le fait qu'il était "concerné par des menaces concernant du blanchiment d'argent" pouvant "servir à des réseaux terrosistes ou des réseaux mafieux".

"La vérité, ce n'est pas le lynchage"

"Tout part d'un pétard mouillé. A partir d'un pétard mouillé, ce pays, notre pays, notre démocratie s'affolent et s'emballent sur la base de rumeurs", déclare Dominique de Villepin. Il demande à chacun, notamment dans la classe politique de laisser le travail de la justice se faire. "Dans une démocratie moderne, soyons soucieux de responsabilité". Le Premier ministre estime qu'il y a "dans notre démocratie une perte de sang froid" ajoutant qu'elle a besoin de "se ressaisir". Il demande à tous les intervenants, qu'ils soient journalistes ou politiques, de faire preuve de "déontologie" : "chacun doit être à sa place"."La calomnie et le mensonge sont au rendez-vous", a-t-il estimé, soulignant que "le Premier ministre est la cible d'un certain nombre de tirs croisés". "La vérité, ce n'est pas le lynchage", a-t-il souligné. "Il faut raison garder. A un an de l'élection présidentielle, c'est notre intérêt commun", a-t-il dit, jugeant qu'il fallait "éviter que la cristallisation sur des affaires ne conduise à la montée des extrêmes".

Le Premier ministre a démenti un éventuel remaniement ministériel dans les jours qui viennent et précise que les échéances électorales auraient lieu "à leur heure", en 2007. "Nous devons devenir une démocratie adulte. Un gouvernement doit pouvoir travailler jusqu'au dernier jour d'un mandat" affirme Dominique de Villepin. Il estime que sa relation avec Jacques Chirac reste une "relation de confiance" en dépit de la tourmente politique liée à l'affaire Clearstream.

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les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale

Par O.C avec AFP le 02 mai 2006 à 08:38
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31 Commentaires

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  • Laetitia, le 03/05/2006 à 14h32

    Triste spectacle médiatique! l'Opposition juge avant la Justice, où sont les fondements de la République?? Quand je vois Monsieur Strauss Kahn ou Monsieur Fabius se permettre un seul mot sur cette affaire minable, alors qu'ils ont été impliqués pour l'un dans un délit criminel et pour l'autre dans des malversations, je me demande dans quel république bananière nous vivons. Enfin, tout cela fait le jeu de l'extrême droite, si Sarko ne rétablit pas le mouvement, 2002 ne sera qu'une rigolade à côté.

  • Richard, le 02/05/2006 à 20h46

    Mais meme si de Villepin avait demander une enquete sur Sarkozy, n'etait-ce pas legitime pour connaitre la verite sur des pretendues affaires de corruption?

  • Euzenot-furiga, le 02/05/2006 à 14h43

    Tiens juste une info comme ça ! Alain Juppé a décidé de rentrer définitivement en France courant juillet. Ce grand négociateur social va-t'il être le joker brandi par Chirac pour 2007 ?

  • Georges, le 02/05/2006 à 14h35

    Pour une année utile je propose de remplacer Mr de Villepin par Mr Sarkozy. Si chirac le nomme en public devant tous les Français, je le vois mal refuser.

  • Amram, le 02/05/2006 à 14h14

    Je trouve que les dirigeants actuels de la Frances sont très inflexible,et ne sont pas du tout conséquents face aux situations parlantes qui se succèdent depuis peu.Indicatuers révélateurs d'égocentrisme politique.

  • Philippe, le 02/05/2006 à 13h21

    Lisez de livre de F-O Giesbert sur Chirac. Il est question de de Villepin et de Sarkozy. A lire le soir après un bon repas. Fous rires garantis. De vrais guignols le sang aux dents.

  • Patrick, le 02/05/2006 à 13h19

    Il est etonnant de voir Bob et damien de Metz intervenir plusieurs fois . Alors que certaines reactions ne sont pas editees . Bravo Antoine pour dennoncer une gueguerre tout en rajoutant de l'huile sur le feu ON A LES POLITICIENS QUE L ON MERITE La presomption d'innocence est baffouee . Droite/ Gauche dans le même panier LA France est Managée en depit du bon sens . Son action ne fait que Baissée et les actionnaires sont dans la rue . France = Grosse usine a magouilles

  • Nazim, le 02/05/2006 à 12h18

    Comme a dit Jose, fuyez braves gens, fuyez. Il y a tellement de gaiete sous d'autres cieux. Pourquoi alors se resoudre a cette bassesse d'esprit...?! Quand il n'y aura plus personne a qui jouer de fourberie, le manege enchante s'arretera.

  • Bob, le 02/05/2006 à 12h09

    Aujourd'hui, 12h04 : La présidence Chirac "qui a commencé dans le mensonge, risque de finir dans la boue" (Fabius dans un entretien au Monde). Et l'Opposition continue de salir... Pauvre démocratie... La Rue gouverne contre le CPE et l'Opposition juge à la place de la Justice !! Triste, non ?

  • Damien, le 02/05/2006 à 12h03

    A Frédéric, Mions : Ce n'est pas les enfantillages de l'UMP qui sont en cause mais les accusations infondés de l'Opposition alors que l'enquête est en cours... C'est ça la démocratie ?

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