
Le Premier ministre a choisi de ne pas aborder l'affaire Clearstream lors des propos liminaires à sa dixième conférence de presse mensuelle. "Je sais que certains d'entre vous ont à l'esprit un dossier particulier : je répondrai naturellement à vos questions tout à l'heure", a-t-il déclaré d'emblée aux journalistes avec le sourire . Après son intervention, Dominique de Villepin a dû répondre longuement aux interrogations de la presse sur ce "dossier particulier".
Affaire Clearstream
- Dominique de Villepin a affirmé que le nom de Nicolas Sarkozy "n'a pas été évoqué en liaison avec de quelconques affaires", lors de la réunion du 9 janvier 2004, mais "il a été évoqué en tant que ministre de l'Intérieur".
- Le Premier ministre a ajouté avoir "indiqué clairement" à M. Sarkozy, avec qui il a parlé "au cours des derniers mois et des dernières semaines" de l'affaire Clearstream, "qu'à aucun moment, il ne s'est agi d'enquêter sur de quelconques personnalités politiques".
Interrogé sur l'état actuel de ses relations avec le ministre de l'Intérieur, le Premier ministre a déclaré avoir "souvent eu l'occasion au cours des derniers mois et des dernières semaines d'évoquer tout cela avec Nicolas Sarkozy", dont le nom a figuré sur des listes trafiquées de comptes de la société financière Clearstream.
Dominique de Villepin a expliqué ne pas avoir transmis à Nicolas Sarkozy, dès janvier 2004, les informations le concernant qu'il détenait sur Clearstream car il était de son "devoir d'essayer d'établir la crédibilité et la vraisemblance des faits". Le Premier ministre a ajouté qu'en tant que ministre des Affaires étrangères à cette date, sa "préoccupation" concernait alors "la sécurité de la France" et ses "intérêts diplomatiques".
- Dominique de Villepin a affirmé qu'il n'avait "pas eu à évoquer" l'affaire Cleastream avec Jacques Chirac à l'époque où il était ministre des Affaires étrangères, affirmant que le président ne lui avait donné "à aucun moment" des "instructions".
- Le Premier ministre a pointé un "risque d'instrumentalisation" dans l'affaire Clearstream, tout en soulignant qu'il n'est pas de ceux qui "lisent l'histoire" en y voyant "des complots". Le Premier ministre a lancé : "il faut que la vérité soit établie. C'est notre objectif commun et j'apporterai tout mon concours à la justice".
Autres sujets abordés
" Poursuivre l'action "
Dominique de Villepin a souligné qu' "il serait irresponsable de ne pas poursuivre et d'intensifier" l'action gouvernementale". Et de déclarer : "Vous pouvez compter sur moi pour rester mobilisé sans relâche au service de tous les Français."
"En 2006, pas de cagnotte pétrolière "
Dominique de Villepin a promis de redistribuer les éventuels excédents de recettes fiscales liés à la flambée des prix du pétrole. " Dès que le prix du baril dépassera 60 dollars, ce qui est le cas aujourd'hui, tout ce que l'Etat gagnera en plus sera redistribué, a-t-il déclaré. En 2006, comme en 2005, il n'y aura pas de cagnotte pétrolière."
Villepin veut que les salaires "progressent "
Dominique de Villepin s'est engagé à "faire en sorte que les salaires progressent plus vite". "Gérard Larcher dressera dans les prochains jours le bilan des négociations salariales dans les branches que nous avons relancées : les résultats, vous le verrez, seront très encourageants. Ils sont une bonne base pour aller plus loin", a-t-il précisé.
Iran : "l'action militaire, pas la solution"
Le Premier ministre a affirmé qu'une "action militaire" contre l'Iran n'était "certainement pas la solution", tout en se prononçant pour "la fermeté" et l'unité de la communauté internationale sur la question du nucléaire iranien. "Ma conviction est qu'une action militaire n'est certainement pas la solution", a affirmé le Premier ministre lors de sa conférence de presse mensuelle.
(Photo : Dominique de Villepin lors de la conférence de presse - LCI)
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