Hamadi Debche, un Marocain de 21 ans, comparaît depuis mardi matin devant la cour d'assises du Vaucluse pour l'assassinat toujours inexpliqué du jeune Romain, un adolescent de 15 ans tué à coups de hachette en juillet 2004 à Avignon. Hamadi Debche, né en mars 1985 au Maroc dans une région très rurale et défavorisée, a reconnu l'homicide volontaire mais a nié avoir prémédité son acte. Il affirme s'être senti "insulté" par la victime et invoque les effets de l'alcool ou "le destin" pour minimiser sa responsabilité. L'accusé doit répondre durant quatre jours d'homicide volontaire avec préméditation et vol sous la menace d'une arme.
La petite amie laissée sous le choc
Après sept mois d'errance en Espagne et dans le sud de la France, le périple de Hamadi Debche, clandestin et vagabond vivant de la générosité de passants ou de vols, l'avait conduit sur l'île sur le Rhône de la Barthelasse, face aux remparts d'Avignon, dans l'après-midi du 17 juillet 2004. Le long d'une digue où Romain Benavent se promène avec sa petite amie Marion, âgée de 13 ans à l'époque, l'assassin présumé les aborde. Selon le récit de Marion, l'homme ne parle manifestement pas français car il leur demande une cigarette par gestes, en portant ses doigts à sa bouche. "Désolé, on ne fume pas", répond Romain à Debche qui poursuit sa route, à pied. Il repasse devant eux une demi-heure plus tard, sans adresser la parole aux deux adolescents qui discutent, assis sur la digue.
Un peu plus tard, Marion voit soudain Romain s'effondrer. Sans comprendre immédiatement qu'il vient d'avoir le crâne fendu par deux coups de hachette, elle se retourne et aperçoit Debche qui tient l'arme à la main. Elle s'enfuit mais tombe. L'homme la rattrape, brandissant la hachette qu'il a dérobée dans une cabane à outils voisine. Par gestes, il lui fait comprendre qu'il veut le deux-roues de Romain et l'oblige, sous la menace mais sans violence, à l'aider à démarrer l'engin, abandonnant la jeune fille en état de choc. Marion prévient par téléphone les parents de Romain qui se précipitent sur les lieux. En vain car l'autopsie a prouvé que la victime avait été tuée sur le coup. Debche prend la fuite, jetant au passage la hachette dans un verger de l'île. Il abandonne la moto, en panne, à seulement quelques kilomètres de là.
Interpellé cinq jours plus tôt
Les enquêteurs ont retrouvé sa trace le 28 juillet au centre de rétention de Sète (Hérault) où il avait été placé en attente de sa reconduite à la frontière. Interpellé cinq jours plus tôt à Aigues-Mortes (Gard) pour tentative de vol, il se prévalait d'une fausse identité mais s'était trahi en confiant être l'auteur du meurtre de Romain à l'un de ses co-détenus qui l'avait dénoncé. Ses empreintes digitales ont achevé de le confondre avant que les policiers n'obtiennent ses aveux.
L'accusé avait déjà été interpellé à Marseille et placé en rétention administrative durant 17 jours. Mais il n'avait pu être expulsé car le consulat du Maroc ne l'avait pas reconnu comme sujet de ce pays. Il avait donc été remis en liberté le 16 juillet, la veille du meurtre. Issu d'une famille de paysans sans terre vivant dans une grande précarité, Debche n'a quasiment jamais été scolarisé et a commencé à travailler dès l'âge de six ans, d'abord en gardant des moutons puis comme employé dans des plantations de cannabis. Malgré sa personnalité très fruste, il est doté de "bonnes capacités intellectuelles" et ne souffre d'aucun trouble psychique ou mental, selon les experts. En janvier 2005, Debche a tenté de se pendre dans sa cellule.
(Photo : archives)








