© INTERNELaurent Fabius d'un côté. Dominique Strauss-Kahn de l'autre. Deux candidats à la candidature socialiste à la présidentielle de 2007. Deux visions différentes sur la question sensible des sans-papiers. La semaine dernière, Laurent Fabius s'exprimait sur le sujet en se positionnant en faveur d'une régularisation massive des sans-papiers actuellement en France (lire l'article). L'ancien Premier ministre souhaite que l'on prenne exemple sur ce qui s'est fait ces dernières années en Espagne et en Italie.
Contre "une régularisation massive"
Mardi, Dominique Strauss-Kahn a pris position sur le même sujet mais n'est pas sur "la même position" que son adversaire à l'investiture. En effet, le député du Val-d'Oise a indiqué sur RMC qu'il était contre une "régularisation massive" d'immigrés clandestins. Selon lui, le système actuel, mis en place par Jean-Pierre Chevènement, dans lequel on régularise tous les ans environ 20.000 personnes sur un certain nombre de critères est "une bien meilleure méthode". Dominique Strauss-Kahn a renouvelé sa "proposition pour que puissent acquérir plus facilement la nationalité française ceux qui le veulent, ceux qui veulent devenir des électeurs". "Quand on remplit les critères, on est inscrit sur les listes électorales et si on vient voter, on devient Français. C'est-à-dire qu'il faut manifester le fait que l'on veut participer à la vie du pays", a-t-il précisé.
"Eviter l'arbitraire"
La maire socialiste de Lille Martine Aubry s'est quant à elle prononcée mardi pour une régularisation "sous conditions" des sans-papiers et a avancé des propositions, notamment "une véritable politique d'insertion économique et sociale" en matière d'immigration. "Ces critères devront être discutés avec les syndicats et les associations" et porteront essentiellement sur "la durée de leur présence en France", a ajouté Mme Aubry, estimant qu'"il faut éviter un afflux" d'immigrés.
Du côté des instances officielles du PS, on semble vouloir jouer les arbitres. Le porte-parole du parti, Julien Dray, affirme mardi que le PS préconise "une régularisation au cas par cas en fonction de critères objectifs, à partir de commissions départementales dans lesquelles siègeront les associations", ce qui doit permettre d'"éviter l'arbitraire". Ces critères, ce sont "les enfants, le logement, le travail, la durée de séjour, tous les éléments substantiels qui peuvent être apportés et qui montrent qu'on a une présence effective sur le territoire français, avec un début d'insertion ou d'intégration", a-t-il précisé.
(Photo : archives - DR)
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