10 mai 2006 : selon le Canard Enchaîné, le général Rondot aurait affirmé dans sa déposition que Jacques Chirac possédait un compte de 300 millions de francs au Japon. Le chef de l'Etat "dément catégoriquement", Rondot dénonce des "propos tronqués". Le général Philippe Rondot aurait déclaré au cours de sa déposition, le 28 mars, devant les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons chargés de l'affaire Clearstream, que le président Jacques Chirac possédait un compte de 300 millions de francs au Japon, assure le Canard enchaîné. Selon l'hebdomadaire satirique, le général Rondot a affirmé, citant des documents de la DGSE, que cette somme (NDLR: qui correspondrait aujourd'hui à environ 45,5 millions d'euros) aurait été versée à la Tokyo Sowa Bank au cours des dernières années par une mystérieuse "fondation culturelle".
Les extraits de la déposition du général Rondot publiés par Le Monde daté du 4 mai dernier mentionnaient déjà l'existence de ce compte au Japon mais sans référence à un montant précis. "Ce compte était alimenté par le versement régulier d'une somme très importante, dont je n'ai pas le montant précis en tête, provenant d'une fondation culturelle dont M. Chirac était membre du conseil d'administration", déclarait M. Rondot dans la déposition reproduite par le quotidien. Cette fois, le Canard publie un extrait du procès verbal de déposition du général Rondot dans lequel le témoin assure : "il est indiqué sur les documents que vous avez saisis à mon domicile que ce compte a été ouvert à la Tokyo Sowa bank et a été crédité d'une somme totale évaluée par les services de la DGSE à 300 millions de francs".
Démentis de l'Elysée et du général Rondot
Jacques Chirac "dément catégoriquement" avoir jamais possédé un compte au Japon, a fait savoir dès mardi soir l'entourage du chef de l'Etat, en ajoutant : "Ces allégations sont à rattacher à une campagne de calomnies qui avait été lancée à l'encontre du président de la République en 2001 et dont il a été établi qu'elle était sans aucun fondement".
Le général Rondot a dénoncé pour sa part dans un communiqué une utilisation "tronquée" de ses propos qui "démontre une fois de plus une manipulation de l'instruction". Rappelant que sa mission avait conclu à une affaire "assez trouble" dans laquelle il y avait un "fond de vérité", il a affirmé que cette conclusion visait "la réalité des agissements troubles des fonctionnaires (de la DGSE visés par l'enquête) et non l'existence d'un prétendu compte sur lequel il n'a jamais été chargé d'enquêter".
Photo d'ouverture : la "Une" du Canard enchaîné sur l'affaire Clearstream - DR
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