Rondot voulait "protéger" Villepin

le 22 mai 2006 à 14h55 , mis à jour le 23 mai 2006 à 10h15

Le général Rondot n'a pas livré le nom du corbeau lors de sa première audition devant les juges, le 28 mars, pour "protéger" Dominique de Villepin, selon Le Monde de mardi qui révèle de nouvelles notes du militaire.

Une du Monde

"Protéger D de V". Traduire : protéger Dominique de Villepin. La mention apparaîtrait à plusieurs reprises dans les fiches du général Rondot, l'un des personnages clés de l'affaire Clearstream. C'est ce qu'affirme Le Monde dans son édition du 23 mai. Selon le quotidien du soir, Philippe Rondot, qui avait été chargé par le Premier ministre, du temps où il était au Quai d'Orsay d'une enquête confidentielle sur les listings de Clearstream, n'a pas livré le 28 mars lors de sa première audition devant les juges le nom de Jean-Louis Gergorin, auteur des courriers anonymes et proche de Dominique de Villepin, pour "protéger" le Premier ministre.

Dans une note du 7 octobre 2005, le général Rondot écrit : "une épée de  Damoclès sur D de V", alors qu'il vient de rencontrer le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major particulier de Jacques Chirac. Toujours selon le journal, le nom de M. Gergorin, ex-dirigeant d'EADS qui a reconnu être l'expéditeur de deux lettres anonymes au juge Renaud van Ruymbeke, et celui d'Imad Lahoud, informaticien également chez EADS, "relevaient du secret de Polichinelle" jusqu'à l'Elysée "huit mois" avant l'identification de M. Gergorin par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.  

"Agir avec prudence, dans un cadre secret" 

Le général Rondot, chargé le 9 janvier 2004 par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères de "vérifications" sur des listings de comptes Clearstream, où se retrouvera le nom de Nicolas Sarkozy, conclut le 19 octobre suivant à "une manipulation". Après avoir établi que les listings confiés par M. Gergorin étaient  falsifiés, le général Rondot note le 24 octobre 2004 à l'issue d'une discussion avec M. de Villepin : "D de V me demande de voir JLG pour mise en garde".

Le 26 octobre 2004, le général écrit après une entrevue avec Philippe Marland, directeur de cabinet de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie : "enjeu JLG et IL (Imad Lahoud, ndlr) : le risque est que ceux-là essayent de mettre en cause D de V."  Le 24 novembre 2004, M. Rondot attribue ce commentaire à Dominique de Villepin : "l'affaire, selon lui, va se dégonfler. Les juges (...) devraient "ne pas aller plus loin". Par ailleurs, dans une lettre du général Rondot à Dominique de Villepin du 12 janvier 2004 citée par Le Monde, le militaire fait explicitement référence aux "propos du président" Jacques Chirac rapportés lors de la fameuse réunion du 9 janvier par son ministre des affaires étrangères d'alors.

"Il convient bien d'agir, "avec prudence, dans un cadre secret, en tenant compte d'éventuelles manipulations politiques", selon les propos du président, tels que tu les as rapportés", écrit le militaire. Jacques Chirac a démenti avoir donné une quelconque instruction dans cette  affaire. M. de Villepin a expliqué avoir demandé au général Rondot d'opérer des  "vérifications" sur les comptes mais sans jamais viser directement Nicolas  Sarkozy. Le général, qui a été conduit de force lundi matin devant MM. d'Huy et Pons,  a refusé de répondre à leurs questions, selon son avocat Me Eric Morain, comme  il l'avait annoncé dans la presse.

le 22 mai 2006 à 14:55
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5 Commentaires

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  • Alain, le 22/05/2006 à 16h14

    Je me console en me disant que sis sous les trpopiques, y a la saison des cyclones, ici, on a celle des poubelles qui volent dru et en escadrille. Phénomème cyclique comparable à el Nino et qui se produit généralement à l'approche des élections. Et plus celles ci approchent plus les poubelles puent ! Plus sérieusement va-t-on pouvoir tenir encore un an comme ça et s'occuper de ça alors qu'il reste quelques bricoles à règler : le chomage, la dette publique, l'économie qui flageole.... M'enfin comme disait une dame dont la taille a diminué en 1793 : s'ils n'ont pas de pain....

  • Ludo, le 22/05/2006 à 16h07

    Je ne suis pas de droite, mais on dirait franchement que cette affaire a éclaté au grand jour pour briser Dominique de Villepin. Je trouve cet acharnement lamentable. Au vu des éléments dont disposait le premier ministre, il paraissait somme toute logique qu'une enquête soit menée sans forcément attirer l'attention, qu'il soit question de Sarkozy ou pas. A quoi joue le Monde, d'où sortent-ils leurs informations, pourquoi cherchent-ils à plomber le premier ministre ? Qui se cache derrière les publications de ce torchon ? TF1, oserez-vous me publier ?

  • Georges, le 22/05/2006 à 16h07

    Le 07/10/05 il est naturel de parler d'épée de Damocles sur la téte du premier ministre, Sarkozy, lui avait déjà demandé des compte sur le sujet en Mai 2005. La question est: quel est l'objetif du monde, qui est derriere, Qu'espére-t-il avec des éléments qui ne tiennent pas debout sur une affaire dont tous les Français se moquent

  • Chaudard, le 22/05/2006 à 16h00

    "D de V" : ben quoi, c'est peut-être Dany de Vito qu'il voulait protégé Rondot : petit comme il est, il en a bien besoin!

  • Kram, le 22/05/2006 à 15h57

    Ce torchon de jounal ne sait plus quoi publier en première page pour augmenter ses ventes. Les francais en ont ras le bol de ces tentatives de manipulations de leurs choix politiques par les médias.

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