Rumeurs de remaniement... et démenti

le 06 mai 2006 à 13h37 , mis à jour le 07 mai 2006 à 09h49

Alors que Le Monde titre en Une : "Chirac oblige Sarkozy à envisager Matignon", l'entourage de Jacques Chirac a démenti samedi tout projet de remaniement gouvernemental. "Pour le président de la République, les choses sont claires. Il fait une confiance pleine et entière à Dominique de Villepin", précise-t-on à l'Elysée.

TF1/LCI : la Une du Monde : "Chirac oblige Sarkozy à envisager Matignon"La Une du Monde : "Chirac oblige Sarkozy à envisager Matignon"

L'Elysée a écarté samedi toute perspective de remaniement gouvernemental alors que les spéculations font rage sur la capacité de Dominique de Villepin, dont l'autorité est minée par l'affaire Clearstream, à rester à Matignon. "Il n'est pas question d'un remaniement" gouvernemental, a assuré l'entourage de Jacques Chirac. "Pour le président de la République, les choses sont claires. Il fait une confiance pleine et entière à Dominique de Villepin et à son gouvernement pour conduire la mission qu'il lui a confiée au service des Françaises et des Français". Un ministre fait la même analyse: "le président soutient le chef du gouvernement". Mais, dénonce-t-il, "il existe un mécanisme de manipulation de l'opinion pour continuer d'affaiblir Dominique de Villepin. C'est du lynchage".

La mise au point élyséenne vise à stopper les spéculations qui s'amplifient sur un départ de Dominique de Villepin, englué dans l'affaire Clearstream. Dans l'entourage du Premier ministre, on assure par ailleurs que ce dernier ne veut pas entendre parler de remaniement car "cela reviendrait à désigner des boucs émissaires". Très complexe, le dossier, devenu affaire d'Etat, part d'une dénonciation calomnieuse par laquelle des politiques, dont Nicolas Sarkozy, ont été faussement accusés par un "corbeau" de détenir des comptes à l'étranger, via la société financière luxembourgeoise Clearstream.

"Feuilletons médiatiques"

Le soutien réaffirmé de Jacques Chirac pourrait donner un peu d'oxygène au Premier ministre, à l'issue d'une semaine éprouvante qui l'a vu se défendre pied à pied face aux "révélations" de presse, qualifiées par l'Elysée et Matignon de "feuilletons médiatiques". Dans les milieux gouvernementaux, on se demande toutefois combien de temps Dominique de Villepin pourra résister à la pression, alors que la gauche martèle des appels au changement de gouvernement. Demande réitérée samedi par François Hollande, numéro un PS, qui a réclamé que soit clarifiée la situation. "Rendez-vous compte de la situation dans laquelle nous sommes : on apprend que le président de la République ne veut pas faire de remaniement et qu'en même temps, il aurait proposé à Nicolas Sarkozy de devenir Premier ministre. Mais dans quelle République sommes-nous ?", a-t-il lancé.

Le chef de l'Etat n'aime pas réagir à chaud, sous la pression. Il l'a montré en gardant Jean-Pierre Raffarin, son précédent Premier ministre, après les lourdes défaites aux élections régionales et européennes, ou en tenant le plus longtemps possible sur le CPE. Pourtant, les consultations vont tous azimuts. Avec le numéro deux du gouvernement, Nicolas Sarkozy, au centre des grandes manoeuvres. Samedi, le président de l'UMP a été reçu pendant "une bonne heure" par Dominique de Villepin pour une discussion qui a notamment porté sur Clearstream. La veille, Nicolas Sarkozy s'était longuement entretenu avec Jacques Chirac à l'Elysée. Si rien n'a officiellement filtré de leur discussion, Le Monde affirme que le président a proposé à son ministre de l'Intérieur d'"aller à Matignon pour finir le quinquennat". Hypothèse jusqu'à présent écartée par les sarkozystes qui craignent un "cadeau empoisonné" risquant de faire trébucher leur champion dans sa route vers l'Elysée.

Réactions divergentes au sein de l'UMP

Christian Estrosi, le ministre délégué à l'Aménagement du territoire, a qualifié dimanche, sur France Inter, d'"intox" les rumeurs sur une prochaine nomination du ministre de l'Intérieur au poste de chef de gouvernement. Il a fait valoir que le président de l'UMP et le chef de l'Etat se voyaient régulièrement et a vanté "l'unité du gouvernement" autour du Premier ministre Dominique de Villepin. Nadine Morano, députée UMP de Meurthe-et-Moselle, prend quant à elle avec sérieux la possible nomination de Nicolas Sarkozy. Dans une interview au Parisien, elle déclare: "Si Jacques Chirac fait appel à lui, je crois profondément à sa capacité à assumer cette responsabilité dans ces moments particulièrement difficile. Et je le crois capable, lui, de briser la "malédiction de Matignon" qui a jusqu'ici interdit à un Premier ministre en fonction de gagner la présidentielle suivante ". Pour elle, "le PS utilise Clearstream comme un écran de fumée pour dissimuler ses propres turpitudes et ses insuffisances".

Photo d'ouverture : la Une du Monde : "Chirac oblige Sarkozy à envisager Matignon" - DR

le 06 mai 2006 à 13:37
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2 Commentaires

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  • Carole, le 06/05/2006 à 16h08

    Chirac ne doit pas remanier son gouvernement. Et Sarkozy ne doit en aucun cas accepter la fonction de premier ministre. Et si toute cette affaire venait d'un corbeau de gauche. Avec tout ce remue-ménage, la gauche qui n'a aucun programme gagne du temps et cherche tout simplement à faire tomber le gouvernement........... La gauche a réussi, avec l'aide des syndicats, a manipuler les étudiants. Alors, c'est tellement facile de manipuler l'opinion publique. C'est une supposition, mais.........

  • Ouvrez, le 06/05/2006 à 14h45

    La dernière tactique magouille de Chirac, mettre SARKOZY premier ministre pour mieux le griller, et faire réapparaitre VILLEPIN pour plus tard, il est vrai que les Français ont la mémoire courte....

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