
"Je suis venu pour expliquer, pour lever les malentendus". Le ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a défendu jeudi au Mali avec détermination sa vision d'une immigration "choisie". Le ministre, auteur d'un projet de loi adopté mercredi par l'Assemblée nationale qui durcit les conditions d'entrée et de séjour en France, est arrivé mercredi soir à Bamako pour vingt-quatre heures. Il a été reçu par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga puis par le président de la République Amadou Toumani Touré.
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Au Mali, l'incertitude règne toujours sur le sort du président Amadou Toumani Touré, renversé jeudi par des militaires déjà de plus en plus isolés par les nombreux appels au retour à l'ordre constitutionnel. Divers témoignages d'habitants décrivent des pillages commis par des militaires.
Publié le 24/03/2012
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Publié le 22/03/2012
L'immigration "est un sujet hautement sensible pour un peuple migrateur comme le nôtre. Toutefois, le gouvernement du Mali ne fait pas l'amalgame en recevant le ministre d'Etat" français, a affirmé Issoufi Maïga à Nicolas Sarkozy. "Si nous ne faisions rien, c'est la xénophobie et le racisme qui monteraient. Ce sont les extrêmes qui prendraient le dessus", lui a répliqué Nicolas Sarkozy. Selon lui, il faut "comprendre que le premier ennemi du Malien en France en situation régulière, c'est celui qui est en situation irrégulière car il crée les conditions de l'amalgame". "J'ai pris des engagements qui seront tenus: modernisation de l'état civil, augmentation des crédits pour le co-développement, facilités pour les visas de ceux qui veulent rejoindre leurs familles, étudier ou travailler", a-t-il dit.
"Sarkozy, raciste, xénophobe"
Sa loi pour une immigration du travail "choisie" plutôt qu'une immigration familiale "subie", est mal perçue dans ce pays pauvre (classé 174ème sur 177 pays, selon le PNUD), dont environ 90.000 ressortissants sont immigrés en France. La moitié y vit légalement, l'autre est composée de clandestins, selon le ministère de l'Intérieur français.
Vingt et un députés de la région de Kayes , avaient demandé l'annulation de la visite de Nicolas Sarkozy, qualifiée de "pure provocation". "Manifestation contre Sarkozy: colère à Bamako", titrait jeudi Le Républicain, un journal très populaire au Mali qui rendait compte d'une manifestation dans les rues de la capitale, mercredi avant l'arrivée du ministre français. Les manifestants étaient une soixantaine selon la police, 300 selon les organisateurs, l'Association des Maliens expulsés et la Ligue des droits de l'Homme. Mais un autre quotidien, lui aussi très populaire, L'Essor, titrait sur "La marche qui ne mobilise pas". "La loi Sarkozy est très mal ressentie chez nous. S'il y avait peu de manifestants, c'est parce que la police les a empêchés de venir", a affirmé Mohamed Coulibaly, ingénieur en informatique, 29 ans.
Une autre manifestation, ayant rassemblé environ 150 personnes, selon l'AFP, s'est déroulée jeudi devant le consulat de France où M. Sarkozy était venu visiter les équipements biométriques, aux cris de "Sarkozy, raciste, xénophobe". "Beaucoup de polémiques sont organisées mais prennent assez peu. Sinon, je ne pense pas que le président Amadou Toumani Touré me recevrait à déjeuner" jeudi, a dit M. Sarkozy. Selon lui, sa loi, qui propose aux jeunes diplômés des pays en voie de développement des cartes temporaires 'Compétences et talents' (d'une durée de trois ans éventuellement renouvelable), est "raisonnable". "Il n'y a pas de propositions alternatives", a-t-il affirmé.
"Le mot 'choisi', c'est un peu court pour faire une polémique sur les droits de l'Homme", a-t-il ajouté, en expliquant que "5% seulement d'une immigration est une immigration de travail". Le ministre devait quitter Bamako dans la soirée pour le Bénin. (D'après AFP)
(Des manifestants au Mali/DR)
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