Sarkozy dénonce "les apprentis comploteurs"

le 09 mai 2006 à 21h14 , mis à jour le 10 mai 2006 à 09h01

Dans un vigoureux plaidoyer pour la France qui "n'appartient pas à ceux qui guettent son déclin", Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois illustré dans son discours mardi soir sa volonté de changement : "Je crois que tout est possible pour un peuple debout". Concernant l'affaire Clearstream, il s'est dit prêt à aller "jusqu'au bout de l'exigence de vérité".

TF1/LCI : Nicolas Sarkozy, lors de son discours, mardi soir à NîmesNicolas Sarkozy, lors de son discours, mardi soir à Nîmes

C'est un véritable discours de politique générale auquel s'est livré mardi soir à Nîmes Nicolas Sarkozy. Et si le thème de la rupture, déjà maintes fois évoqué, y était largement présent, celui qui ne cache pas ses ambitions présidentielles l'a cette fois décliné sur une longue évocation de la France, "dont on n'a pas assez parlé ces temps derniers, qui n'est pas toujours assez respectée, dont le premier devoir de chaque Français est de l'aimer". Un long et vibrant plaidoyer devant près de 7.000 personnes dont beaucoup brandissaient le drapeau tricolore, tandis que derrière lui s'affichait en grosses lettres blanches sur fond d'herbe verte et de ciel azuré le mot "Construire".

"La France n'appartient pas à ceux qui guettent son déclin, à ceux qui pourraient se réjouir de ce déclin en silence, oubliant un détail : la capacité séculaire de la France à relever les défis de son destin (...) Il n'y a pas de fatalité au déclin de notre pays, il y a seulement les ravages de l'immobilisme (...) C'est l'immobilisme qui affaiblit la France, qui discrédite l'Etat, qui détourne le pouvoir de ce pourquoi il est fait (...) Chaque Français entretient un lien intime avec la France (...) Chaque Français se sent triste, humilié, en colère, quand la France n'est pas à la hauteur de son passé (...) quand la France, au fond, n'est pas assez la France."

"Les choses peuvent changer, elles vont changer"

Devant son auditoire, le président de l'UMP a pris des accents lyriques pour illustrer sa volonté de changement et son refus de l'immobilisme. "Je crois que tout est possible pour un peuple debout (...) Construire : voilà l'un des plus beaux verbes de la langue française (...) Si les Français doutent de la politique, c'est d'abord parce que les responsables politiques eux-mêmes n'y croient plus. Ils n'ont plus de projets, plus de vision, parce que tant d'années d'immobilisme ont fini par les convaincre que plus rien n'était possible", a-t-il martelé. "Ma vérité est aux antipodes de cette attitude (...) Les choses peuvent changer", elles "vont changer. Nous allons ensemble construire le chemin qui fera entrer la France de toujours dans le monde de demain".

"La France souffre aujourd'hui (...) Elle ne sait plus pourquoi elle est ensemble, ni ce qu'elle a à dire au monde", a affirmé Nicolas Sarkozy. "Combien sommes-nous à avoir mal à la France ? (...) Nous désespérons de voir notre pays régresser", a-t-il ajouté, citant, outre "la détestable affaire Clearstream", "le 21 avril 2002, le non au référendum, l'échec de la candidature de Paris 2012, la crise des banlieues, la crise du CPE".

"Machinations" et "officines"

Cette "détestable affaire Clearstream", citée une seule fois au cours de son long discours, a toutefois été davantage présente en filigrane, lorsque Nicolas Sarkozy, dénonçant "machinations" et "officines", s'est dit prêt à aller "jusqu'au bout de l'exigence de vérité". "Depuis 25 ans, la France a souvent été prise d'un vertige destructeur. Abîmé le travail (...), abîmés l'économie et l'esprit d'entreprise (...) abîmé le service public (...) abîmées l'école, l'université, la justice (...) abîmée la politique quand le mensonge l'emporte sur la vérité", a ainsi lancé Nicolas Sarkozy. "Détruite la politique lorsque l'on doit se défendre de misérables machinations, organisées par des officines cherchant à compromettre et des apprentis comploteurs cherchant à salir", a-t-il poursuivi, longuement applaudi par la foule.

Au cours de ce long et vigoureux plaidoyer, il s'en est également pris à ceux qui déforment la langue française. "Le monde ne serait pas le même sans la langue française. Défendre le français, c'est un devoir moral, c'est un devoir économique, c'est un devoir politique, c'est une exigence culturelle (...) Nous ne pouvons assister à sa régression sans réagir". Enfin, en ce 9 mai, Journée de l'Europe, le président de l'UMP a dénoncé ceux pour qui "la France est condamnée à devenir une province européenne, dans une Europe sans identité, sans frontières (...) Je n'accepte pas ces fariboles! Je suis un Européen convaincu mais je ne crois pas à la fin des Nations. Je crois au destin de la France".

Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy, lors de son discours, mardi soir à Nîmes - DR

le 09 mai 2006 à 21:14
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24 Commentaires

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  • Carlos, le 10/05/2006 à 11h42

    Bravo Sarko!!! Ca c'est du panache! Enfin quelqu'un qui hors des sentiers de la démagogie cherche à donner un souffle à notre nation!

  • C'est Sarko, le 10/05/2006 à 11h34

    Sarko est aujourd'hui le seul homme politique qui sait trouver les mots justes pour évoquer les problêmes de la France et qui sait trouver des solutions crédibles et adaptées pour y remédier. Bravo M. Sarkozy, vous êtes vraiment au-dessus du lot; vous avez toute ma confiance. La médiocrité et nullité intellectuelle des socialistes ne font que souligner vos qualités d'homme d'état... Vivement 2007 que vous soyez notre président et que vous puissiez sortir notre beau pays de sa torpeur...

  • Gérard, le 10/05/2006 à 11h19

    Comment SARKOZY peut-il tenir un discours aussi dur contre l'immobilisme du gouvernement auquel il appartient, car il n'accuse plus seulement la gauche mais aussi le gouvernement Villepin ! Ce n'est pas comme cela que vous serez au second tour en 2007, Mr SARKO, en tant que membre du gouvernement vous êtes autant responsable, non pas de l'immobilisme mais de la détérioration des conditions de vie du peuple Français, aussi responsable que CHIRAC, RAFFARIN, ou DE VILLEPIN !

  • Fredo, le 10/05/2006 à 11h07

    Et pendant tout ce temps qu'il gesticule de part et d'autre, que fait donc M. le ministre de l'Intérieur ? D'ailleurs, y a t il un ministre de l'Interieur ?

  • Bax, le 10/05/2006 à 11h06

    Rare d'entendre un tel discour politique.Bravo pour le discour en tout cas!Dans la réalité ....(vu par hasard sur la chaine parlementaire)

  • Mort de rire, le 10/05/2006 à 11h01

    Il a raison, Sarko de dénoncer les apprentis comploteurs, que d'abord, ils apprennent bien les leçons de leurs maîtres en poste, avant de se lancer dans la cour des grands.!!!

  • Cyril, le 10/05/2006 à 10h47

    "Apprenti comploteur"?? Bravo Sarko en effet tu as bien raison de les dénoncer toi le professionnel du complot (cf. qd tu étais ministre du budget...)

  • Momo, le 10/05/2006 à 10h45

    Les Socialistes ont enfin un os à ronger (autres que des propositions pour l'emploi on attend toujours) Mais je suis très étonné du silence de Fabius et Strauss Kahn: il n'y a pas de fumée sans feu! (dénigrez, dénigrez il en restera quelquechose qu'ils disent au parti)

  • Soisic, le 10/05/2006 à 10h41

    Il se bouge lui au moins, il ne joue pas les Diva. Marre de ces discours de gauche démago d'un autre temps qui nous enlisent...Le Pen c'est la gauche qui en fait la promotion pas Sarko.

  • Marisa, le 10/05/2006 à 09h57

    Enfin un politique qui a de l'envergure, de la verve et de l'énergie à revendre...les autres devraient en prendre de la graine. On en a marre des discours frileux et culpabilisants...La France roupille et se démotive depuis trop longtemps.

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