Antisémitisme : Nicolas Sarkozy rue des Rosiers, à ParisA la veille de sa visite à Perpignan, frappée l'an dernier par les affrontements intercommunautaires entre jeunes gens d'origine maghrébine et gitane, Nicolas Sarkozy s'est rendu mercredi rue des Rosiers, à Paris, où une trentaine de Noirs se réclamant de la "Tribu KA" avaient fait irruption dimanche, proférant selon des témoins des menaces antisémites. Une visite destinée à rassurer et à montrer la fermeté vis-à-vis des auteurs de menaces antisémites : le ministre de l'Intérieur a ainsi indiqué qu'une éventuelle dissolution du groupe "Tribu Ka" était à l'étude. Souvent apostrophé lors de sa traversée du quartier ("Qu'allez vous faire contre la Tribu KA", "comment allez-vous assurer notre sécurité ?") le ministre de l'Intérieur a estimé que l'antisémitisme, "il faut le combattre, il n'y a rien à expliquer, il n'y a qu'à le combattre".
Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il avait demandé lundi au garde des Sceaux que le "groupe soit mis hors d'état de nuire" et que "le Parquet a été saisi". Tous les membres de ce groupe "sont identifiés, dont leur chef Stellio Kapo Chichi, et j'ai demandé au préfet de police Pierre Mutz un examen extrêmement vigilant et rigoureux de leurs dossiers", a indiqué le ministre. "Nous avons à faire à un groupe d'une trentaine d'individus qui ne sont que des voyous, dont l'idéologie est nauséabonde, stupide, confuse, avec des propos absurdes et abjects", a jugé le ministre, qui a assuré que le groupe était "placé sous surveillance".
Antisémitisme : "la courbe s'est inversée"
"On a observé une certaine maîtrise" du phénomène antisémite en 2005, mais "la courbe s'est inversée" depuis le début de l'année en cours, a reconnu par ailleurs Nicolas Sarkozy. Le ministre a précisé que le nombre d'actes antisémites avait décliné en 2005 par rapport à 2004, passant de "200 actes antisémites à 90 et de 774 menaces à 406". Mais "nous avons recensé 29 actes et 98 menaces" de ce type au cours du premier trimestre 2006, a-t-il ajouté.
Avant de s'adresser à des commerçants et des habitants de la rue des Rosiers, rassemblés dans une salle d'une école du quartier, le ministre avait arpenté la voie où il avait été accueilli aux cris de : "Sarkozy président! Sarko à l'Elysée!". Quelques minutes auparavant, d'autres voix, moins nombreuses, avaient crié : "Villiers président", lors de la visite du président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, qui s'était également rendu rue des Rosiers d'où il était reparti avant l'arrivée du ministre de l'Intérieur.
Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy rue des Rosiers - DR
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