
Nicolas Sarkozy a plaidé mercredi pour "une réforme profonde" de la justice" après la "catastrophe d'Outreau", lors d'une convention de son parti à l'Assemblée. Clôturant cette convention intitulée "Justice: le droit de confiance", le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur a lancé: "La vérité doit être connue et elle le sera".
S'en est suivi un long dégagement sur Clearstream, dont le ministre, qui fut faussement accusé par un corbeau de posséder des comptes bancaires à l'étranger, n'a pourtant jamais prononcé le nom. "Je voudrais conclure mon intervention en vous faisant partager ma confiance", a-t-il affirmé. "Confiance dans la justice pour comprendre, accepter et mener les réformes" et "confiance dans la justice pour être indépendante de toutes les pressions, y compris dans les dossiers sensibles dont je me félicite qu'elle se soit saisie avec sérieux et célérité". Ce n'est pas pour lui, a-t-il affirmé, "un problème politique. C'est d'abord une question de moralité publique". Il s'agit que "plus jamais, dans notre République, des comportements qui ne sont pas républicains puissent se reproduire", selon lui.
"Rompre avec la culture de la détention provisoire"
L'affaire Clearstream, sur laquelle de nouvelles révélations ont été publiées dans Le Monde paru en début d'après-midi, occupait tous les esprits. Alain Marsaud, député et ancien juge anti-terroriste, avait été le premier, dès la mi-journée, à brandir l'article à paraître, imprimé à partir du site internet du quotidien. "Dominique de Villepin s'est fourré lui-même dans la gueule du loup", affirmait un sarkozyste. "Il n'aurait jamais dû aller s'expliquer à la radio mais dire qu'il réservait ses réponses à la justice".
"Hier soir, (au ministère de l'Intérieur) les parlementaires ont applaudi Villepin mais uniquement parce que Sarkozy le leur avait demandé", s'amusait un autre proche du ministre. L'essentiel du discours de Nicolas Sarkozy a cependant porté sur sa vision de la justice, après "la catastrophe d'Outreau" pour laquelle il a demandé qu'on ne fasse "pas des épaules trop larges" au juge Fabrice Burgaud qui "n'était pas le seul" dans ce désastre.
Il s'est prononcé pour une réforme du conseil supérieur de la magistrature et contre l'indépendance des parquets vis-à-vis de la chancellerie. Il a proposé de "rompre avec la culture de la détention provisoire", qui "ne se justifie en matière correctionnelle que s'il y a eu des violences aux personnes". "En contrepartie, toutes les peines doivent être exécutées, même lorsqu'elles sont courtes".
Les dénonciations ? La corbeille à papier
"Cela va faire polémique mais je veux le dire: il ne faut plus prêter attention aux dénonciations anonymes, qui sont des pratiques d'un autre âge, indigne de la République", a martelé M. Sarkozy, en s'amusant de ceux qui verrait là "une connexion" avec l'actualité, autrement dit l'affaire Clearstream. "Il y a longtemps que je le pense : les dénonciations ont pour moi un lieu : c'est la corbeille à papier".
Enfin, le ministre, qui doit présenter "dans les jours à venir" un projet de loi de prévention de la délinquance, a réaffirmé qu'il fallait "réécrire l'ordonnance de 1945 sur les mineurs délinquants". Selon lui, "les familles, l'école, la situation des banlieues, le chômage des adultes, l'économie souterraine, l'étiolement des structures intermédiaires comme les associations de jeunesse ou les patronages" notamment "contribuent évidemment à l'accroissement de cette délinquance".
(Nicolas Sarkozy mercredi/TF1/LCI)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



