
A Moulins-Engilbert, la nouvelle est tombée comme un couperet. Selon l'autopsie, le petit Mathias, 4 ans, retrouvé mort dimanche matin, dénudé, à proximité de la salle polyvalente du village, a été violé par son agresseur. "Son décès est dû selon de très fortes probabilités (...) à sa noyade dans la rivière", a ajouté le procureur de Nevers, Christian Gongora, sans être en mesure de préciser si l'enfant avait été agressé avant ou après sa mort par noyade. Il a par ailleurs expliqué que les enquêteurs disposeraient d'une "empreinte génétique" de l'agresseur d'ici à trois jours.
Conséquence. Comme dans le cadre de l'affaire Caroline Dickinson, les hommes du village de Moulins-Engilbert devraient se voir prochainement soumis à des tests ADN. "Les témoins de sexe masculin qui sont et seront entendus prochainement seront invités à se soumettre à des prélèvements biologiques", a précisé le procureur. Ceux qui participaient à la fête de village où se trouvait l'enfant juste avant de disparaître seront les premiers à subir le test. La date, le lieu et la nature des prélèvements (salive, prise de sang, etc) n'étaient pas connus mardi.
Entre impatience et inquiétude chez les villageois
Dans l'attente de ces tests, un climat de suspicion règne à Moulins-Engilbert. Dans l'ensemble, les hommes semblent attendre ces prélèvements avec "impatience". "C'est le seul moyen de faire avancer les choses et de trouver le coupable", affirme Guy, 47 ans. "On attend les tests avec impatience parce que ça va aussi permettre de remettre de la confiance dans le village. Aujourd'hui, tout le monde craint tout le monde. Grâce aux tests, on pourra s'innocenter aux yeux de tous", espère Thierry, 41 ans. "Ca devrait être obligatoire, assure un autre Thierry, 26 ans, selon qui les gens qui refuseraient de s'y soumettre seraient "suspects". "Ca voudrait dire qu'ils ont quelque chose à cacher", précise Philippe, 40 ans, qui était à la fête samedi et dont la fille jouait ce soir-là avec Mathias.
Certains estiment pourtant que ces tests présentent un danger. "On ne sait pas si c'est fiable à 100%. Ça peut déboucher sur une erreur judiciaire", s'inquiète Bruno 43 ans. "Si quelqu'un est identifié par les tests, il sera marqué à jamais même si il est innocenté par la suite", ajoute Pierre, 39 ans.
Plusieurs personnes entendues
L'enquête mobilise quelque 80 gendarmes issus de différents services en Bourgogne. D'ores et déjà, un certain nombre de personnes ont été entendues et l'une d'elle a été brièvement placée en garde à vue dimanche, a déclaré Christian Gongora, sans donner plus de précision.
Mardi après-midi, les députés réunis en séance ont observé une minute de silence à la mémoire de Mathias, mais aussi de Madison, l'autre enfant retrouvé mort ce week-end.
Photo d'ouverture : le petit Mathias - DR
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