Le juge d'instruction Renaud van Ruymbeke, mis en cause dans l'affaire Clearstream, a été entendu pendant plus de cinq heures par par l'inspection générale des services judiciaires, jeudi après-midi, à la Chancellerie, à Paris, a constaté un journaliste de l'AFP.
"J'ai demandé aux inspecteurs de porter leurs investigations sur les vraies dysfonctionnements, à savoir le fait que je n'ai jamais été informé de l'enquête menée par le général Rondot, alors qu'apparemment deux ministres étaient informés, ce qui aurait évité de perdre beaucoup de temps", a déclaré le magistrat à la presse, à sa sortie, peu après 20H00.
Le ministre de la Justice, Pascal Clément, avait déclenché une enquête interne après l'aveu la semaine dernière par M. van Ruymbeke d'une rencontre secrète hors procédure, fin avril 2004, avec Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, qui a avoué être l'auteur de la première lettre anonyme sur les listings Clearstream, dans une interview jeudi au Parisien. Cette enquête peut déboucher sur des poursuites disciplinaires contre le magistrat, très respecté dans le milieu judiciaire.
Me de Montbrial confirme la version du juge |
Me Thibault de Montbrial, qui a mis en relation Jean-Louis Gergorin et le magistrat Renaud van Ruymbeke, a confirmé mardi devant les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons les déclarations de M. van Ruymbeke devant ces derniers. Il a notamment confirmé avoir apporté la première lettre anonyme au magistrat qui enquêtait depuis 2001 sur l'affaire des frégates de Taïwan. Conformément à ce qu'a indiqué M. van Ruymbeke dans sa déposition, Me de Montbrial a confirmé que lors des rencontres avec M. Gergorin, le nom de Nicolas Sarkozy n'avait pas été évoqué comme titulaire d'un compte Clearstream. Le premier courrier, remis le 3 mai 2004 à M. van Ruymbeke, contenait des noms et des numéros de comptes de personnalités en rapport avec le dossier des frégates. Cette remise de courrier a eu lieu quelques jours seulement après les trois rencontres entre le juge et M. Gergorin dans la deuxième quinzaine d'avril 2004. L'avocat a également confirmé qu'il était présent lors de ces rencontres, ce qu'il avait nié précédemment par voie de communiqués de presse. |







