Les vélos autorisés à rouler en sens interdit

Par Par David STRAUS, le 28 mai 2006 à 10h09 , mis à jour le 28 mai 2006 à 15h48

Les cyclistes parisiens pourront emprunter dès l'automne prochain les sens interdits dans les rues les plus calmes de la capitale. Sans risque d'amende. "Mieux se déplacer à bicyclette" explique l'intérêt de cette mesure.

vélo © INTERNE

Les cyclistes parisiens pourront bientôt emprunter les sens interdits dans les rues les plus calmes de la capitale, y compris en l'absence de piste cyclable. Selon le Journal du Dimanche, le préfet de police aurait accédé à une demande de la Mairie après une expérimentation "globalement satisfaisante" menées dans six rues parisiennes depuis février 2005.

Bien entendu, cette autorisation ne concerne pas tous les axes mais est limitée aux quartiers verts et aux rues à 30 km/h. Ce qui représente quand même un cinquième de la capitale. Selon le JDD, les premiers panneaux autorisant la circulation à double sens pour les bicyclettes devraient être apposés dès l'automne. Les partisans de cette décision font valoir que le cycliste est plus à l'abri lorsqu'il fait face au flux des automobiles.

"Cela doit devenir la règle en France"

lci.fr : Pourquoi ce qui est interdit pour les voitures par le code de la route ne le serait-il plus pour les cyclistes ?

Pierre Toulouse, président de Mieux se déplacer à bicyclette : Les sens interdits ne sont pas prévus par le code de la route pour des raisons de sécurité. Le sens interdit est un système qui permet de faciliter les flux de circulation des automobiles, principalement dans des rues étroites. Rouler à vélo à contresens ne contredit pas cet objectif et offre, de surcroît, plus de sécurité pour le cycliste qui voit venir le danger. Plusieurs études et la pratique, à Strasbourg ou à Colombes, près de Paris, le démontrent.

lci.fr : Dans un premier temps, cette autorisation ne concernera que quelques zones. Pensez-vous qu'il faille aller plus loin ?

P.T. : Nous souhaitons l'étendre au plus grand nombre de zones, d'autant que la pose de panneaux est aisée et peu coûteuse. A terme, cette autorisation doit devenir la règle dans tous les espaces verts de France, sans qu'il soit besoin - comme c'est le cas maintenant - qu'un panneau autorise explicitement à rouler à contresens. La Belgique fonctionne sur ce principe depuis quelques temps.

lci.fr : Quels sont vos prochains objectifs ?

P.T. : Une mesure en préparation vise à développer des itinéraires de déplacement continus entre les quartiers verts. Cela doit s'accompagner d'une signalisation afin que les cyclistes puissent repérer facilement ces itinéraires. L'autre grand dossier est celui du stationnement sur la voirie et dans les espaces publics - les gares notamment - mais aussi dans les immeubles privés. Le souci à Paris est que le vélo relève de la Voirie et que ces questions concernent avant tout l'Urbanisme et le Logement.

Propos recueillis par D.S.

Et, VOUS, pensez-vous qu'il faille laisser rouler les cyclistes en sens inverse ? Cyclistes ou automobilistes, comment percevez-vous les autres usagers de la routes ? Donnez votre avis au bas de cet article.

Par Par David STRAUS le 28 mai 2006 à 10:09
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59 Commentaires

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  • Claire, le 29/05/2006 à 10h37

    J'ai vécu 6 ans à Strasbourg :8 km par jour pour aller travailler en vélo, quel que soit le temps. Quand le réseau des pistes cyclables est suffisamment développé, que l'on n'a pas peur des voitures, que l'on n'est pas obligé de faire de longs détours à cause de deux sens interdits (beaucoup de rues sont autorisées à contresens pour les cyclistes à Strasbourg depuis pas mal de temps), et bien c'est un plaisir d'aller au boulot en vélo, même sous la pluie (mais ne pas oublier un bon poncho, car sinon, c'est vrai que c'est assez désagréable). Et pour information (Citoyen de France), allez voir à Strasbourg, on voit des costards, des minijupes, des robes...sur des vélos... En tout cas, j'ai dû quitter Strasbourg et vraiment, ça, ça me manque beaucoup. Quand aux problèmes de cohabitation entre cyclistes et piétons, toujours d'expérience, les cyclistes et les piétons cohabitent mieux que les cyclistes et les voitures. Un piéton peut s'écarter de la piste quand un vélo arrive (la sonnette ça sert à ça aussi), et un vélo peut ralentir quand il voit des enfants en bord de piste. N'oubliez pas qu'une piste cyclable permet aussi de se promener plus facilement avec une poussette, de faire du roller... Ne peut-on pas partager un peu l'espace? Pourquoi vouloir autant catégoriser les différents usagers?

  • Bat-Genstein, le 29/05/2006 à 09h30

    On ne fait qu officialiser ce qui se pratique deja de facon sauvage, attention au premier blesse ou mort qui portera la responsabilite. meme pb avec les motos qui zigzagent au peril de leur vie contre toutes les regles du code de la route

  • CHRISTOPHE, le 29/05/2006 à 09h06

    BRAVO Mr BERTRANT DELANOE. COMME CA ON VA POUVOIR ECRASER DU CYCLISTE SANS MEME QUE L'ON EST DES PROBLEME AVEC LA LOI PUISQUE IL SERONT EN TOTALE INFRACTION.

  • Melo, le 29/05/2006 à 08h55

    A 65 ans, comme la grande majorité des péatons, j'ai l'habitude de regarder, justement dans les "rues calmes" uniquement dans le sens de la circulation avant de traverser, alors là...

  • LEBON, le 29/05/2006 à 08h38

    Suite de la dictature de la mairie de Paris!Après les ennuis du tram les vélos à contre sens ! A quand le premier mort ?

  • Seb, le 29/05/2006 à 08h11

    Ouai, comme ça, il n'y a officiellement plus de problèmes de vélos dans les villes.. Donc les maires n'ont pas besoin de prendre des mesures, de changer le plan de circulation, de faire des pistes cyclables, de donner une vraie place aux vélo.. Voilà comment supprimer le problème et "se voiler la face"

  • Philippe, le 29/05/2006 à 07h23

    Exemple imparable de la direction dans laquelle se dirige la societe francaise... L'interdit devient legal tandis que le legal devient interdit. Les minorites deviennent des majorites. Ca va faire mal!

  • Charles de Lugalle, le 29/05/2006 à 06h11

    Il est tout à fait normal qu’il y ait moins de restrictions envers les vélos qu’envers les automobiles. La conduite d’une automobile n’est qu’un privilège qui peut être suspendu par l’Autorité, tandis que la conduite d’un vélo, ne nécéssitant pas de permis, est un droit. La non-motorisation du vélo, son faible encombrement de la chaussée et sa faible masse fait qu’il est ridicule de l’astreindre aux mêmes contraintes réglementaires que les automobiles, qui, elles, sont trop facilement transformées en véritable machines à tuer. Il est donc normal que les vélos aient naturellement le droit d’être affranchis des contraintes qu’ont les automobiles, dont, particulièrement celle de circuler en sens interdit. Ceci dit, on note bien l’esprit primaire qui fait considérer à certains citoyens que le vélo n’est pas aussi honorable qu’une automobile… Ces gens là se trompent énormément, car la légitimité du vélo est cent fois plus grande que celle de l’automobile du simple fait de son innocuité (faible encombrement, non-pollution, etc.)…

  • TUIL, le 29/05/2006 à 00h35

    Malheureusement, cela va réjouir certains cyclistes qui brulent déjà les feux rouges. Avez vous penser à la traversée d'un enfant devant regarder à gauche ou à droite, des personnes agés ect. je pense qu'on va face des conflis avec risques d'accidents à qui la responsabilité reviendra toujours aux automobilistes. Avant d'enterimimer cette loie, il y aurait un besoin de grande réflexion. M TUIL

  • Momo, le 29/05/2006 à 00h32

    J'ai trouvé encore plus C.. que les cyclistes (depuis que je fais du vélo) les piétons.

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