Villepin à l'épreuve de la rentrée parlementaire

le 01 mai 2006 à 17h52 , mis à jour le 01 mai 2006 à 18h33

En pleine crise Clearstream, Dominique de Villepin a "travaillé très activement pendant le week-end à la rentrée parlementaire", selon son entourage. La journée de mardi s'annonce pour lui comme celle de tous les dangers : après une explication matinale sur Europe 1, il retrouvera, en présence de Nicolas Sarkozy, les élus UMP revenus de leurs circonscriptions.

TF1/LCI CPE NDominique de Villepin Nicolas Sarkozy Assemblée nationale

En plein scandale Clearstream, ce mardi s'annonce chargé pour Dominique de Villepin. Son entourage a ainsi fait savoir lundi qu'il réunira, ce mardi à 18H30 à Matignon, l'ensemble de ses ministres pour un séminaire gouvernemental destiné à "mobiliser" son équipe. Cette rencontre devrait être le point d'orgue d'une journée particulièrement lourde pour le chef du gouvernement. "Le Premier ministre a travaillé très activement pendant le week-end à la rentrée parlementaire", a-t-on indiqué dans son entourage en soulignant que tout ce qu'il souhaitait dans l'affaire Clearstream c'était "d'abord et avant tout la transparence".

Si du PS à l'UMP, en passant par l'UDF, on réclame une intervention publique du président de la République, c'est son chef du gouvernement qui s'expliquera le premier, mardi matin, sur les ondes d'Europe 1. Le locataire de Matignon sera aussi confronté, en présence de Nicolas Sarkozy, aux députés UMP revenus de leurs circonscriptions. Trois semaines après l'enterrement du CPE, le climat pourrait être houleux, certains ayant déjà fait savoir pendant le week-end que leur électorat était "horrifié" par ce nouvel épisode de la guerre fratricide Villepin-Sarkozy. Dominique de Villepin sera ensuite soumis, lors des questions au gouvernement, au feu roulant des interpellations de l'opposition qui réclame, avec l'UDF, une commission d'enquête parlementaire sur l'utilisation des services secrets au sommet de l'Etat.

"Villepin ne démissionnera pas. C'est parole contre parole"

Jusqu'à présent, le Premier ministre s'est exprimé par voie de communiqués et par de courtes déclarations, où il a reconnu avoir diligenté en janvier 2004 une investigation sur l'un des volets de l'affaire Clearstream mais argué de sa bonne foi en affirmant n'avoir jamais fait enquêter sur Nicolas Sarkozy. Toutefois après que le général Philippe Rondot eut confié, selon Le Monde, aux juges en charge de cette affaire avoir été mandaté par Dominique de Villepin sur instruction de Jacques Chirac d'enquêter sur une détention de comptes à l'étranger par Nicolas Sarkozy, il n'est désormais plus à l'abri de perquisitions à Matignon et d'une audition par les juges.

Alors que Dominique de Villepin misait sur ses résultats sur le front du chômage -avec la plus forte baisse mensuelle depuis cinq ans enregistrée fin mars- pour se relancer après la tempête du CPE, l'ouragan Clearstream a fait passer quasiment inaperçue cette bonne nouvelle et il se retrouve au plus bas dans les sondages. Les regards se tournent donc vers le chef de l'Etat. Outre que son nom est également cité dans l'affaire, il s'agit pour lui de tenter d'éteindre au plus vite l'incendie pour éviter que ses 12 derniers mois à l'Elysée ne soient empoisonnés par cette "crise de régime", selon les termes de François Bayrou (UDF).

Dimanche, son entourage a écarté l'hypothèse d'une démission de Dominique de Villepin, pourtant jugée inéluctable par certains responsables de la majorité. "Je ne vois pas comment il peut s'en sortir. Il y aura d'autres rebondissements, défavorables pour Villepin", pronostiquait un élu UMP. A l'inverse, selon un ministre, "Villepin ne démissionnera pas. C'est parole contre parole : la parole du général Rondot contre celle de Villepin". François Hollande (PS) a confié à des proches ce week-end que l'une des solutions pour Jacques Chirac serait de procéder à un large remaniement, avec une nouvelle équipe dont seraient exclus à la fois Villepin et Sarkozy. Une analyse partagée par certains à l'UMP, où l'on souligne toutefois les difficultés du calendrier, le ministre de l'Intérieur devant défendre à partir de mardi à l'Assemblée son projet de loi sur l'immigration.

Photo d'ouverture : Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy à l'Assemblée, lors de la crise du CPE - archives

le 01 mai 2006 à 17:52
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