
La journée d'explications de Dominique de Villepin s'est poursuivie mardi après-midi à l'Assemblé nationale où le Premier ministre a dû affronter les questions des députés sur l'affaire Clearstream et ses conséquences sur la vie politique française. Comme il l'avait dit dans la matinée au micro d'Europe 1, Dominique de Villepin s'est dit "victime d'une campagne de calomnies et de mensonges ignoble. Une campagne qui m'a profondément choqué et blessé" arguant que "cela fait trente ans" qu'il sert le pays. Trop c'est trop", a-t-il lancé dans l'hémicycle.
"J'accepte les critiques, j'accepte les désaccords, j'accepte les différends, mais il y a une chose que je n'accepterai jamais, ni aujourd'hui ni demain, ni pour moi, ni pour personne, c'est que la calomnie, c'est que la dissimulation, c'est que le mensonge l'emportent sur la vérité", a déclaré le Premier ministre.
"Rien ne sert jamais de hurler avec les loups"
Répondant à une interpellation de François Hollande qui lui demandait quand il allait "tirer les conséquences de cette situation", sous-entendu en démissionnant, Dominique de Villepin a tiré à boulets rouges sur le premier secrétaire du PS, l'accusant de "perdre son sang froid" et de "hurler avec les loups". Sous les huées de l'opposition et alors que certains PS scandaient "démission !", il a raillé François Hollande: "décidément vous n'avez pas beaucoup d'expérience ! Vous n'avez jamais exercé de responsabilité dans l'Etat à quelque niveau que ce soit. Cela se voit et cela s'entend !". Entrer dans "la logique des boucs émissaires" ne "vous grandit pas, M. Hollande". "Votre famille politique a eu son lot d'affaires, n'en avez-vous tiré aucune leçon ?", a-t-il dit, déplorant des "insinuations" et déclarations "accusatoires" qui "ne peuvent faire que le jeu des extrêmes".
Le silence de Jacques Chirac
Le Premier secrétaire du Parti socialiste s'en est pris vivement au Premier ministre dénonçant la situation dans laquelle se trouve le sommet de l'Etat : "Vous êtes obligé de nier avoir diligenté une enquête contre le numéro deux de votre gouvernement, rendez-vous compte où on en est arrivé, une procédure engagée par le numéro deux du gouvernement aboutit à mettre en cause le chef du gouvernement", a asséné François Hollande. Selon lui, "il y a plus grave encore" : "les services de renseignement sont instrumentalisés pour des fins qui ont très peu à voir avec leur mission, plus grave encore, le bureau de la ministre de la Défense est perquisitionné, plus grave encore, de hauts commis de l'Etat sont interrogés au risque de perdre leur crédibilité, plus grave encore, vous allez être bientôt auditionné par la justice", a-t-il martelé. Le dirigeant socialiste s'est également élevé contre "le silence" de Jacques Chirac. "C'est une responsabilité collective, elle appartient d'abord au président de la République et nul ne peut comprendre ici son silence" a-t-il dit. "Le pays traverse une crise politique d'une exceptionnelle gravité" a-t-il conclu.
(Photo : Dominique de Villepin à l'Assemblée nationale mardi après-midi - LCI)
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