Jean-Louis Gergorin distille les révélations ou, du moins, sa vérité. Après une interview fleuve dans le Parisien jeudi, l'ancien diplomate reconverti dans les affaires s'épanche vendredi dans Libération et dans le Figaro. Les juges chargés de l'affaire Clearstream, eux, ne l'ont pas encore entendu. Il assure dans Libération que Dominique de Villepin ne voulait pas que Nicolas Sarkozy soit mis "au courant" d'une enquête sur les listings de comptes Clearstream.
Dans des déclarations au quotidien, l'ex-dirigeant d'EADS, a expliqué avoir "parlé de mettre la DST (Direction de la surveillance du territoire) sur le coup" lors de la réunion du 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay, entre lui, Dominique de Villepin et le général Philippe Rondot. "Villepin a répliqué : 'certainement pas, Sarkozy va être au courant'. Devenu ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin confiera en juillet 2004 une enquête à la DST sur les listes de comptes.
Auteur de la 2e lettre
Autre aveu. Jean-Louis Gergorin n'est pas seulement l'auteur de la première lettre au juge Renaud van Ruymbeke - comme il l'a reconnu jeudi dans le Parisien, il aussi "l'auteur de la deuxième lettre anonyme", affirme vendredi Le Figaro. Selon le quotidien, "le 11 juin 2004, Jean-Louis Gergorin décide d'envoyer au juge une seconde liste, où, parmi 895 comptes référencés chez Clearstream, apparaissent les noms de Nagy et Bosca, les patronymes de Nicolas Sarkozy".
Au même moment, Sarkozy, en conflit avec Chirac, s'apprêtait à se présenter aux suffrages des militants pour prendre la tête de l'UMP. Jean-Louis Gergorin répond que cette liste "s'inscrivait dans une continuité d'informations crédibles pour moi. J'ai estimé que c'était à la justice d'enquêter et de vérifier". "Je ne suis pas un corbeau", répète-t-il : "Moi j'ai transmis à des autorités administratives puis judiciaires officielles, auprès de qui je me suis pleinement identifié, des informations que je considérais et que je considère toujours comme ayant une probabilité forte d'exactitude justifiant des vérifications approfondies", justifie-t-il.
(Image d'archives/Jean-Louis Gergorin/DR)








