Olivier Besancenot à La Plaine Saint-Denis © DRAprès Arlette Laguiller de Lutte ouvrière, Olivier Besancenot est le deuxième leader de l'extrême-gauche à entrer dans la course à l'Elysée. Le jeune postier de 32 ans a été désigné dimanche par La Ligue communiste révolutionaire comme son candidat à l'élection présidentielle de 2007. Quelque 190 délégués de la LCR réunis en Conférence nationale samedi et dimanche à La Plaine Saint-Denis ont voté à 58% en faveur de la motion Besancenot.
L'entrée en lice d'Olivier Besancenot, qui avait déjà porté les couleurs de la LCR en 2002, et recueilli 4,3% (environ 1,3 million de voix) porte un sérieux coup à l'espoir des organisations qui se réclament de l'antilibéralisme, parmi lesquelles le Parti communiste, de s'entendre sur une candidature unitaire. Elle contrevient aussi aux ambitions du syndicaliste paysan José Bové qui s'était présenté la semaine dernière comme l'homme providentiel pouvant représenter cette gauche radicale.
Poursuite de la recherche d'une candidature unique
La LCR justifie sa décision par les ambiguïtés politiques qui subsistent avec ses partenaires, en particulier le PCF, sur l'attitude à tenir vis-à-vis du Parti socialiste, car les trotskistes refusent toute alliance gouvernementale avec le PS. "Est-ce qu'on peut faire une politique de gauche avec Ségolène Royal et le Parti socialiste ?", soulignait vendredi Alain Krivine. En même temps, la LCR ne veut pas endosser la responsabilité d'une division de la gauche radicale : les délégués de la LCR ont aussi voté ce week-end, à une forte majorité (81%) une déclaration favorable à la poursuite de la bataille unitaire pour parvenir à une candidature unique à la gauche du PS.
Pour l'heure, la LCR est bien décidée à se battre pour son champion et à donner un coup de collier à sa campagne de parrainage : elle a déjà obtenu quelque 150 promesses de signatures sur les 500 requises. Pour ce qui est des sondages, le jeune postier tire son épingle du jeu : selon un dernier sondage Ipsos, il devance, avec 7% des intentions de vote, sa rivale Arlette Laguiller. Mais le schéma de 2002, où la dispersion des voix de gauche avait été l'une des raisons de son absence au deuxième tour, hante les esprits et pourrait favoriser le vote utile, au détriment des petits partis.
Olivier Besancenot a donné le ton de sa bataille. "La campagne électorale, qui discute en boucle de l'insécurité et de l'immigration, est mal partie", a-t-il dit, rendant responsable de cette dérive non seulement "le Front national et la droite" mais aussi le "Parti socialiste" et sa présidentiable favorite Ségolène Royal. Pour lui, il est temps de parler de "la violence sociale, des licenciements, de la fermeture des écoles, de la protection sociale au rabais".
Photo d'ouverture : Olivier Besancenot à La Plaine Saint-Denis - DR
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