
Il se posera la question. Invité du 20 h de TF1 mercredi, Lionel Jospin n'a pas exclu d'être le candidat de la gauche pour la présidentielle.
L'ancien Premier ministre, qui avait annoncé au soir de sa défaite du 21 avril 2002 qu'il se retirait "définitivement de la vie politique française", se pose ainsi en challenger potentiel de Ségolène Royal, candidate favorite des Français, selon tous les sondages. L'annonce tonitruante de sa possible candidature survient au lendemain de la publication d'une longue tribune dans le quotidien Le Monde, où il avait défini "les enjeux" du scrutin de mai prochain.
"Une question ouverte"
Interrogé sur une éventuelle candidature à l'Elysée, l'ex-Premier ministre socialiste a déclaré: "s'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, pour rassembler la gauche, pour rassembler le pays, pour assumer la charge de l'Etat, exercer la fonction présidentielle dans la situation difficile de la France d'aujourd'hui, et pour proposer aux Français des orientations pour sortir de la crise dans laquelle nous sommes, alors je me poserais la question".
Lionel Jospin a affirmé quelques instants plus tard que la question de sa candidature était "une question ouverte". L'ancien patron du PS pendant neuf ans avait toujours biaisé jusqu'à présent sur ses éventuelles ambitions pour 2007, n'affirmant jamais qu'il ne serait pas candidat et se ménageant ainsi la possibilité de revenir.
L'ex-Premier ministre a mis en valeur le rôle du numéro 1 du PS François Hollande dans la décision qu'il prendra. "Ce que penseront le premier secrétaire du PS François Hollande, les principaux responsables du Parti socialiste, sera un élément tout à fait important", a-t-il dit.
"Le talent de Ségolène Royal"
Lionel Jospin s'est gardé de se présenter comme le meilleur candidat du PS qui, a-t-il dit, a "des talents multiples, divers". "Sarkozy, il m'inquiète", a affirmé Lionel Jospin précisant que le ministre de l'Intérieur "avait échoué dans son combat contre les crimes et les violences à la personne". Il a mentionné "le talent de Ségolène Royal", se félicitant même de l'accent qu'elle met sur la sécurité des personnes. Selon l'ex-Premier ministre, "les socialistes, de toutes façons, se donneront un bon candidat en 2007".
Devançant le reproche de chercher à revenir alors qu'il avait annoncé son retrait définitif de la vie politique, Lionel Jospin a expliqué que s'il en avait décidé ainsi le 21 avril 2002, "c'est parce qu'il (lui) revenait d'assumer la responsabilité de la défaite et qu'il fallait le faire par un acte symbolique fort, (...) en ne s'accrochant pas à (ses) mandats, comme beaucoup le font".
Ractions à gauche
Les déclarations de Lionel Jospin coïncidaient avec la réunion pour un dîner semestriel, mercredi soir, de plusieurs de ses proches, ex-collaborateurs à Matignon, parlementaires et responsables du parti. Jean-Christophe Cambadélis, principal lieutenant de Dominique Strauss-Kahn, a tenté de relativiser, sans cacher son agacement, les propos de Lionel Jospin. "Il envisage (d'être candidat), vous parlez d'une nouvelle! Il y a des gens qui l'envisagent et puis il y a des gens qui combattent pour" en se tournant vers le centre du gymnase Japy où Dominique Strauss-Kahn se soumettait aux questions de la salle et a refusé de commenter les propos de Jospin. Jack Lang, a estimé pour sa part jeudi matin sur LCI, que "Jospin place le débat sur le bon terrain". A droite, Gilles de Robien a estimé (sur France 2) que ce retour était un "non-événement".
(D'après AFP)
Royal loue la "sagesse" de Jospin |
Le retour de Lionel Jospin sur la scène médiatique ne réjouit pas Ségolène Royal. D'ailleurs, elle s'est refusée mercredi à parler d'un "retour", saluant cependant la "sagesse" des positions de l'ancien Premier ministre socialiste exprimées dans une tribune publiée dans Le Monde. "Je ne sais pas s'il faut parler d'un retour. Ce que je crois, c'est qu'un ancien Premier ministre a toujours une forme de sagesse et que sa parole peut être prise comme telle", a déclaré la présidente de Poitou-Charentes sur France 3. Interrogée sur son éventuel désistement dans la course à l'investiture présidentielle, si Lionel Jospin se lançait à son tour, Ségolène Royal s'en est tenue à son commentaire traditionnel. "Celui ou celle qui sera le mieux placé le moment venu remportera les suffrages des militants du Parti socialiste", a-t-elle fait valoir. |
(Lionel Jospin, mercredi soir au 20 h/TF1)
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