
Après une semaine de propositions fracassantes, Ségolène Royal donne le tourni aux ténors du PS et fait la course en tête dans l'opinion. Pour certains, la question n'est plus de savoir si les socialistes vont adouber la chouchou des sondages mais plutôt si les socialistes peuvent se passer de la députés des Deux-Sèvres en 2007. Selon un sondage LH2 paru mardi dans Libération, elle est considérée par une nette majorité de l'électorat de gauche (62%) et même du PS (68%) comme " le meilleur candidat socialiste ". Elle écrase ses rivaux, suivie de très loin par DSK (22% des sympathisants de gauche et 27% des sympathisants socialistes), Jack Lang (21% et 24%), Lionel Jospin (20% et 24%) et Arnaud Montebourg (13% et 8%).
C'est dans ce contexte très tendu de rivalités entre présidentiables que la direction du PS doit adopter ce soir son projet pour 2007. Le Bureau national se réunit de 16H00 à 23H00 rue de Solférino, pour adopter le texte définitif qui doit servir de programme aux élections présidentielle et législatives Le document devra être soumis ensuite au débat puis au vote le 22 juin des 200.000 militants socialistes, dont 75.000 nouveaux adhérents. Il devra être ratifié par une convention nationale le 1er juillet.
L'avant-projet d'une quarantaine de pages, appelé pour l'instant "Réussir ensemble", préparé depuis janvier par la Commission nationale du projet, avait fait l'objet, lors d'un premier examen au Bureau national le 30 mai, de vives critiques des différents courants. Laurent Fabius, de même que le NPS d'Henri Emmanuelli et de Vincent Peillon, et les réseaux animés par Arnaud Montebourg et par Gérard Filoche entendent tous présenter des amendements, globalement pour "gauchir" le document. Le NPS proposera que, sur certains sujets controversés sur lesquels un accord semble difficile - réforme des institutions ou question salariale - "le projet ouvre des options qui seront tranchées par le vote des militants", a indiqué son porte-parole, Benoît Hamon.
Fabius pour gauchir le texte
De son côté, Laurent Fabius a proposé des amendements notamment pour spécifier que que "le projet se situe à gauche". En matière de sécurité, l'ancien Premier ministre estime qu'il que le texte doit préciser que le PS "ne reproduira pas "la politique mono-répressive" de Nicolas Sarkozy. "Il ne peut s'agir de vouloir militariser la société", prévient-il. Il s'agit d'une pierre dans le jardin de Ségolène Royal, qui a proposé "un encadrement militaire des primo-délinquants". Cette mesure est massivement approuvée par les Français (69%), comme par les sympathisants socialistes (67%), selon un sondage IPSOS.
François Hollande a tenté de calmer le jeu, soulignant que la proposition controversée de sa compagne ne sera "sans doute pas" reprise dans le projet. Par ailleurs, les critiques de la présidente de Poitou-Charentes sur les 35 heures vont aussi à l'encontre du projet du PS qui prévoit des négociations pour relancer sa "généralisation". Toutefois, Ségolèlène Royal a fait lundi soir sur France 3 une mise au point dans laquelle elle a affirmé que cette loi "a constitué une formidable avancée sociale".
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