
1h30 du matin cette nuit. Le premier secrétaire du PS François Hollande annonce que "les socialistes, dans un esprit de rassemblement, ont adopté à l'unanimité le projet" du parti pour 2007, qui sera soumis au vote des militants. Ce Bureau National était chargé de mettre au point la version finale du projet, en présence, pendant au moins une bonne partie de la réunion, de tous les présidentiables. On compte trois abstentions, dont celles d'Arnaud Montebourg et de Jean-Luc Mélenchon. Mercredi matin sur LCI, le premier a estimé que le "projet n'allait pas assez loin" et affirmé qu'il étudiait "très sérieusement" l'hypothèse d'une candidature à l'investiture pour 2007. Quant au second, il a jugé le projet "pas à la hauteur des défis".
Au delà de ces réserves, Le premier secrétaire du PS a salué un texte qui "allie volonté et crédibilité". "Tout sera chiffré, tout sera tenu", a assuré François Hollande, affirmant que par ce projet le PS "donne une perspective, un espoir". Il a souligné que ce projet "engagera tous les candidats" : "ce n'est pas un projet sur lequel on pourra prendre sa liberté, ses distances", a-t-il souligné, précisant : "le candidat à la présidentielle aura ses caractéristiques, son caractère, forcément sa liberté de ton, il aura aussi sa façon de donner sa conviction (...) mais il sera nécessairement engagé par notre projet".
Le SMIC à 1.500 euros
Le texte entend "répondre à l'urgence sociale" née de la crise économique du pays. Intitulée "Réussir ensemble le changement" lors des élections présidentielle et législatives de 2007, le projet souligne que les socialistes veulent "agir à gauche" et que leur stratégie est le "rassemblement de la gauche". Son ambition: "transformer la société" face à "la domination de la finance mondiale".
Ses points forts, selon François Hollande : le SMIC à 1.500 euros d'ici 2012, un "bouclier logement" pour les plus démunis, une "couverture professionnelle universelle" et l'avènement d'une "République parlementaire". Pour mettre un terme à l'irresponsabilité politique du chef de l'Etat, le projet prévoit une procédure d'impeachment, c'est-à-dire de destitution en cas de "faute politique lourde", selon François Hollande.
"L'aspect militaire totalement écarté"
Principales pommes de discorde : "l'encadrement à dimension militaire" pour les jeunes délinquants et la mise sous tutelle des allocations familiales versées à leurs parents, prônés par Ségolène Royal, qui a renoncé à présenter des amendements en ce sens devant le Bureau national. "L'aspect militaire a été totalement écarté", a souligné François Hollande. En revanche, sur la mise sous tutelle, le projet reprend une disposition législative déjà existante avant la loi Sarkozy.
Par ailleurs, "pas une voix ne s'est élevée contre l'extension des 35 heures" prévue dans l'avant-projet, a rapporté un proche de Martine Aubry, Yves Durand, dont le témoignage a été confirmé par d'autres participants. Ségolène Royal avait relevé la détérioration des conditions de travail de certains salariés causée par cette mesure, tout en défendant sa généralisation . Laurent Fabius a estimé que ce projet "va permettre d'avancer". Il s'est réjoui d'avoir "obtenu qu'il soit dit clairement que c'est autour du rassemblement de la gauche, et de rien d'autre", que les socialistes gouverneraient si leur candidat est élu en 2007. Dominique Strauss-Kahn s'est dit "satisfait" de voir ses amendements intégrés, notamment sur "le développement solidaire".
Le projet va maintenant être débattu dans les sections par les militants, qui voteront le 22 juin, avant sa ratification le 1er juillet.
Image LCI - François Hollande. Archives.
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