© INTERNELa consommation gagne du terrain, le débat non. Trente ans après "l'appel du 18 joint" lancé dans Libération, les partisans de la légalisation du cannabis en France peinent à trouver des relais dans le monde politique ou intellectuel et dénoncent "le règne de l'hypocrisie et de l'ordre moral". Le Collectif d'information et de recherche cannabique (CIRC), qui milite pour la dépénalisation du cannabis, a voulu réactiver l'appel de 1976 dans un texte intitulé "30 ans plus tard, toujours en pétard". Mais son président Jean-Pierre Galland se dit "un peu découragé par l'étendue de l'hypocrisie et par la force de l'ordre moral qui interdisent tout débat sur ce sujet".
Dans sa version 2006, la pétition n'a pas réuni les signatures prestigieuses présentes 30 ans plus tôt. Le texte post-68 avait été signé notamment par Bernard Kouchner, le philosophe Gilles Deleuze, l'écrivain Philippe Sollers, le cinéaste Bertrand Tavernier, la comédienne Isabelle Huppert ou encore Philippe Val de Charlie Hebdo. Aucun de ceux encore vivant n'a soutenu le texte 2006.
"Un discours caricatural"
Quelque 3.000 personnes ont cependant répondu à l'appel dont l'écrivain Frédéric Beigbeider, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot, le journaliste Karl Zéro, les Verts Alain Lipietz, Jean-Luc Bennhamias et Noël Mamère, le président du Mouvement des Jeunes socialistes Razzy Hammadi ou le conseiller régional UMP Jean-Luc Romero. Mais aucun poids lourd politique. "Les temps sont aux discours sécuritaires musclés", se désespère M. Galland. "On est dans une absurdité totale, la consommation de cannabis s'étend et le débat reste muselé".
La pétition dénonce un "discours caricatural" qui fait "rigoler les ados et inquiète leurs parents". Il souligne que "la prohibition a dynamisé le trafic, multiplié le nombre de consommateurs, enrichi les mafias" alors que, selon les chiffres officiels, on compte en France plus d'un million de consommateurs réguliers de cannabis, et que son expérimentation, notamment chez les jeunes, a doublé en 10 ans.
En 2002, le socialiste Lionel Jospin n'avait pas hésité à déclarer que "fumer un joint chez soi est certainement moins dangereux que boire de l'alcool" tout en se déclarant "opposé à une dépénalisation du cannabis" et en demandant "une application intelligente de la loi". Aujourd'hui, le PS reste discret sur le sujet,
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