20 et 13 ans requis contre les meurtriers de Cédric

le 02 juin 2006 à 17h32 , mis à jour le 02 juin 2006 à 21h32

La peine maximale a été requise vendredi devant la cour d'assises des mineurs de l'Ardèche contre l'accusé principal du meurtre de Cédric, tué de 14 coups de couteau pour avoir dénoncé un vol de voiture. L'avocat général a insisté pour que le deuxième accusé soit jugé comme co-auteur des faits, non comme complice.

TF1/LCI : Meurtre de Cédric : la cour d'assises des mineurs de l'ArdècheMeurtre de Cédric : la cour d'assises des mineurs de l'Ardèche © DR

L'avocat général a réclamé vendredi la peine maximale, soit 20 ans de réclusion criminelle, à l'encontre du jeune homme accusé d'avoir assassiné Cédric Juge, 15 ans, en mars 2004, au Teil, devant la cour d'assises des mineurs de l'Ardèche à Privas. Et à l'encontre du deuxième accusé, il a réclamé une peine de 13 années de réclusion criminelle. Tout en insistant pour que le deuxième accusé soit jugé comme co-auteur des faits, et non comme simple complice, l'avocat général, Christophe Raffin, a clairement dissocié le sort des deux accusés.

Lors de l'interruption de séance qui a suivi son réquisitoire, il a ajouté que le principal accusé - seul auteur des 14 coups de couteau mortels et qui a reconnu avoir imaginé le scénario du piège tendu à Cédric - avait "de la chance d'être mineur (au moment des faits), car s'il avait été adulte, j'aurais aussi requis le maximum", soit la perpétuité. Christophe Raffin a toutefois ajouté qu'il avait également pris en compte "le début de chemin" fait par les deux jeunes hommes quant à la gravité de leur acte et pour sortir de leur comportement violent, même si ce "chemin sera encore long", selon lui.

"Les jurés ont cette chance de ne pas avoir vu le corps de Cédric"

Les deux avocats de la défense, Me Christine Cuer d'Aulan, pour le principal accusé, et Me Stéphane Giuranna, pour son complice, devaient encore plaider, avant que le jury se retire pour délibérer. Ce dernier peut toujours décider de lever l'excuse de minorité face à la gravité des faits et à leur caractère prémédité, et juger les accusés comme des majeurs. Cette mesure rarissime les exposerait à une peine de réclusion à perpétuité. La famille de Cédric a d'ailleurs déploré que l'avocat général n'ait pas requis cette mesure pour demander la perpétuité. "Les parents des accusés, ils peuvent encore aller voir leur enfant. Même en prison ils pourront aller leur rendre visite, alors que nous on ne peut voir que la tombe de Cédric", a déclaré Marie-Christine Rochet, une amie de la famille.

Lors de sa plaidoirie en fin de matinée, l'avocat des parties civiles, Me Alain Fort, a pour sa part "tenté de resituer l'ensemble de cette affaire et notamment la violence dans laquelle Cédric est mort". "Les jurés ont cette chance de ne pas avoir vu le corps de Cédric", a-t-il estimé, avant d'ajouter : "dans ce piège, il y avait bien deux mâchoires, une mobile, l'auteur principal, et une fixe, l'autre accusé, sans lequel le piège n'aurait pas fonctionné". Selon l'acte d'accusation, les deux adolescents, âgés de 16 et 17 ans au moment des faits, ont tendu un piège à Cédric pour se venger parce qu'il les avait dénoncés pour un vol de voiture. Après l'avoir tué, ils ont effacé les traces de sang, jeté son corps en contrebas d'un parapet, où il n'a été retrouvé que deux jours plus tard, et tenté de maquiller les traces de sang sur leurs vêtements avec du cambouis.

Photo d'ouverture : la cour d'assises des mineurs de l'Ardèche - DR

le 02 juin 2006 à 17:32
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