5 ans avec sursis pour le mercenaire Bob Denard

Par D.H. avec AFP, le 20 juin 2006 à 15h50 , mis à jour le 20 juin 2006 à 16h22

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi le mercenaire Bob Denard à cinq ans de prison avec sursis pour sa participation à une tentative de coup d'Etat aux Comores en 1995. Les juges ont en outre fustigé le rôle des services secrets français.

Denard Bob Comores coup d'Etat © LCI

Dix ans après la tentative de coup d'Etat de 1995 aux Comores, Bob Denard, âgé de 77 ans et vieil habitué des actions militaro-politiques en Afrique, a été condamné mardi par la 14ème chambre du tribunal correctionnel de Paris à 5 ans d'emprisonnement avec sursis. Le mercenaire, absent lors du jugement car il est atteint de la maladie d'Alzheimer, a été reconnu coupable d'"association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime".

Les 26 autres prévenus ont tous été reconnus coupables, à des degrés divers, et condamnés à des peines allant de trois ans avec sursis à quatre mois avec sursis. Des peines avec sursis car, ont estimé les juges, "l'ordre explicite d'agir", qui serait venu "d'en haut" n'a pas été prouvé.

La France montrée du doigt

L'avocat de la famille du président Djohar, qui avait fait l'objet de la tentative de coup d'Etat et qui est décédé durant le procès de Bob Denard, s'est félicité d'une telle condamnation. Il a toutefois déploré que seules des peines de prison avec sursis aient été prononcées, ce qui "encourage" le mercenariat. En revanche, "le tribunal a coupé la poire en deux en reconnaissant la culpabilité de mon client, il a voulu faire payer les lampistes, il est très difficile de mettre en cause la responsabilité de l'Etat français et des politiques qui se sont tous dérobés", a déclaré à l'issue du délibéré Me Elie Hatem, l'avocat de M. Denard.

Le tribunal a d'ailleurs tenu compte, pour ordonner des peines avec sursis, du fait "qu'il est incontestable que les accusés avaient reçu sur place une large approbation des responsables politiques de l'opposition et d'une partie importante de la population". Les juges ont trouvé "évident que les services secrets français avaient eu connaissance du projet de coup d'Etat conçu par Robert Denard, de ses préparatifs et de son exécution" et qu'"ils n'avaient rien fait pour l'entraver".

Rappel des faits

Entre le 27 septembre et le 4 octobre 1995, Bob Denard a participé, avec 26 autres personnes, à une tentative de coup d'Etat aux Comores en séquestrant Saïd Mohamed Djohar, président de l'ex-République fédérale islamique des Comores. A la suite de quoi, les mercenaires ont installé un comité militaire de transition qui a remis le pouvoir à Mohamed Taki et Saïd-Ali Kemal, deux membres de l'opposition au président Djohar. Mais le 4 octobre 1995, en vertu d'accords liant la France et les Comores, les troupes françaises sont intervenues pour libérer le président et mettre fin au putsch.

 (Photo archives TF1 - LCI : Bob Denard)

Par D.H. avec AFP le 20 juin 2006 à 15:50
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3 Commentaires

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  • Au moins,il y en a, le 20/06/2006 à 20h06

    Beaucoup d'admiration pour Bob Denard. Au moins, lui en avait,de plus il a rendu bien des services à notre patrie fort ingrate.........

  • Mojorisin, le 20/06/2006 à 19h56

    Le "chien de guerre" évite de peu(?!) le chenil de la justice...

  • Palouta, le 20/06/2006 à 16h30

    Jai beaucoup d'admiration pour Bob Denard, un homme libre, qui choisissait ce pour quoi il se battait. Hommage à ce dur à cuire, vraiment hors système.

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