
Il n'y aura "pas de chasse aux enfants", il n'y aura "pas d'expulsions cet été" de parents d'enfants scolarisés, a une nouvelle fois martelé ce matin l'avocat Arno Klarsfeld. Ces derniers ont jusqu'au 13 août pour déposer un dossier attestant que leurs enfants ont des "attaches fortes avec la France". Nommé mercredi "médiateur" national pour favoriser l'harmonisation des décisions préfectorales sur le séjour des étrangers en situation irrégulière, parents d'enfants scolarisés, Arno Klarsfeld a assuré sur l'antenne de Sud Radio que "l'ultimatum du 30 juin n'a jamais tenu".
Revenant sur la notion "d'attaches fortes avec la France", Arno Klarsfeld a assuré "qu'une grande partie" des familles pouvait bénéficier de ce critère et non une petite minorité comme le craignent les militants du Réseau Education Sans Frontières (RESF). Selon l'avocat, "les enfants dont les parents habitent en France depuis au moins deux ans, qui sont nés en France ou ceux qui y sont arrivés avant l'âge de 13 ans et qui sont scolarisés depuis septembre 2005 sont régularisables". En revanche, "quelqu'un qui arrive avec un enfant de 15 ans, l'inscrit tout de suite au lycée, et qui fait chat perché vous ne pouvez plus me toucher", ne remplit pas le critère nécessaire, selon Me Klarsfeld. Rien qu'à Paris, la préfecture de Police a annoncé ce matin que quelque 1.750 rendez-vous avaient déjà été fixés pour des parents sans papiers d'enfants scolarisés, dans les quatre centres de réception des étrangers (CRE) parisiens.
En ce jour de départ en vacances scolaires, les syndicats de l'Education à Paris, très engagés depuis plusieurs mois dans la campagne de RESF, restent très mobilisés : ils ont annoncé jeudi qu'ils allaient organiser à la rentrée une campagne d'action sur le thème "Que sont-ils devenus : pas un seul enfant ne doit manquer!". L'antenne parisienne de Sud Education a déposé un préavis de grève pour la rentrée "au cas où, dès le premier jour si un élève manque, on puisse se mobiliser et interpeller le rectorat et la mairie le jour même".
Avant une manifestation organisée samedi à Paris par RESF et "Uni(e)s contre une immigration jetable" de Bastille à Bercy, les syndicats étudiants et universitaires sont eux aussi rentrés dans la danse en lançant, jeudi, le Réseau Universités Sans Frontières pour s'opposer à l'expulsion des étudiants étrangers.
| Pour une éventuelle régularisation, rendez-vous mardi |
Les rendez-vous fixés aux familles sans-papiers d'enfants scolarisés pour étudier leur éventuelle régularisation se tiendront à partir de mardi à la préfecture de police de Paris, a annoncé samedi Yannick Blanc, directeur de la police générale. A l'issue d'une rencontre avec Arno Klarsfeld, il a précisé devant la presse que 1.900 rendez-vous avaient déjà été fixés. D'autres continueront à être pris au fur et à mesure que les familles se déclareront dans les quatre centres de réception des étrangers (CRE) ouverts à Paris, et ce jusqu'au 13 août, a-t-il confirmé.
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