François Bayrou lors du conseil national de l'UDF © DRFrançois Bayrou a promis samedi d'en finir avec la "connerie de l'apartheid" droite-gauche s'il était élu président de la République, renvoyant dans les cordes Gilles de Robien qui a été sifflé et hué au conseil national de l'UDF. Usant d'un vocabulaire inhabituel dans sa bouche, le président de l'UDF a affirmé sa volonté de "donner un coup de pied au cul du système", renvoyant dos à dos l'UMP et le PS qu'il a sévèrement critiqués tour à tour. "La première des choses à conduire, la plus urgente, c'est la décolonisation de l'Etat", qu'il s'agisse de "l'Etat PS, l'Etat UMP", a-t-il déclaré devant plus de 1500 personnes réunies à Issy-les-Moulineaux, qui l'ont ovationné debout à plusieurs reprises.
"Il y a vingt-cinq ans qu'on nous fait le coup de l'apartheid et il y a vingt-cinq ans qu'on échoue misérablement. Eh bien, nous allons proposer à la France de se débarrasser d'un coup de la connerie de l'apartheid", s'est-il exclamé. "Je prends l'engagement, si je suis élu président de la République, de former un gouvernement avec les personnalités de qualité, d'où qu'elles viennent", et "cela va assez loin à droite et assez loin à gauche", a-t-il également affirmé. Evoquant le général de Gaulle et Henri IV, il a vanté les vertus des "projets rassembleurs, réconciliateurs".
"Vendu", "démago", "exclusion"
Gilles de Robien, seul ministre centriste et qui défend toujours une stratégie d'alliance avec l'UMP, a été particulièrement chahuté par une assistance très remontée, même si des partisans étaient venus l'applaudir. Alors que les cris de "vendu", "démago", "exclusion" fusaient dans l'assistance, il a appelé à davantage de "démocratie interne à l'UDF" et exprimé ses craintes d'une alliance avec le PS, depuis le vote de la motion de censure socialiste contre le gouvernement Villepin par onze députés UDF. Il a eu beau affirmer qu'il soutiendrait François Bayrou en 2007, le disant "légitime pour porter les couleurs de l'UDF", les proches du patron des centristes n'en ont pas moins appelé de nouveau à son exclusion.
Devant rejoindre l'Assemblée nationale où se tenait en début d'après-midi le Parlement des enfants, Gilles de Robien n'a pas assisté au discours de François Bayrou. Celui-ci a appelé à une "révolution civique", avec l'instauration du vote obligatoire, et en contrepartie la reconnaissance du vote blanc. Il a aussi proposé un service civique de six mois pour garçons et filles, qui serait soumis à référendum. Ce service concernerait également les jeunes immigrés, et son accomplissement serait "une clé de l'attribution de la nationalité".
Après avoir décoché quelques flèches en direction de Ségolène Royal, qui relève les "insuffisances" des 35 heures mais veut "les étendre à tout le monde", il a critiqué le projet du Parti socialiste (smic, impôts). Il n'a pas épargné non plus le gouvernement, l'UMP et son président, Nicolas Sarkozy. "Je n'ai aucune envie de voir l'Etat Chirac remplacé par l'Etat Sarkozy", a-t-il lancé, avant de dénoncer: "on nomme des copains, on fait campagne avec les moyens de l'Etat. Et pendant ce temps, tout le monde voit bien que la France recule".
Photo d'ouverture : François Bayrou lors du conseil national de l'UDF - DR
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