© TF1Il en rêve depuis des années. Et à en croire François Bayrou, l'heure semble enfin approcher, la recomposition du paysage politique français s'accélère. "Il faut construire une majorité nouvelle et réformiste " ne cesse de marteler chaque semaine le président de l'UDF lors de ses tournées en régions. Ce message, il devrait le renouveler samedi devant plus de 1500 participants réunis en conseil national. Ce rendez-vous permettra au futur candidat centriste de présenter les " orientations générales " du projet pour 2007, un projet amendé par les militants puis finalisé à l'automne. Son entrée officielle en campagne ne devrait en effet pas intervenir " avant la fin de l'année ", affirme son entourage.
Parmi les propositions déjà avancées par l'UDF figure le passage à une VIème République pour mettre fin au système de "concentration absolue des pouvoirs". Sur le plan économique, il propose une "mesure d'urgence" qui permettrait à chaque entreprise de créer "deux emplois sans charges". Pour répondre au problème de la dette publique, il veut inscrire dans la Constitution l'interdiction de déficits budgétaires. Il est aussi partisan d'un service civil de six mois pour garçons et filles, pour "refaire le creuset républicain".
Pour une " majorité centrale "
Mais au-delà d'un catalogue de propositions, François Bayrou souhaite continuer à faire entendre à l'opinion " une musique différente ". Il devrait organiser son discours autour de sa
" troisième voie " qui sert de support à son rêve de destin national. Se démarquer du gouvernement à la moindre occasion et multiplier les piques contre la droite et la gauche sont au centre de sa stratégie. Cette " majorité centrale qui réunirait les réformistes de droite et de gauche ", il la voit se dessiner sur les décombres du système politique actuel.
Et quand on interroge les proches du patron de l'UDF sur la suprématie actuelle de l'affiche Sarkozy-Royal dans les sondages, ils veulent croire que dans un an " tout sera possible ". " Lorsque 70% des Français ne voient plus de différences entre la droite et la gauche, il y a un réel espace politique, explique à LCI.fr le député Maurice Leroy. Et puis lorsque Nicolas Sarkozy se gauchise et Ségolène Royal se droitise, mieux vaut prendre l'original, c'est-à-dire Bayrou. Si jamais elle est désignée candidate, elle devra de toutes façons gauchir son discours "
Robien pour une alliance avec l'UMP
Le président de l'UDF voit d'ailleurs dans ce " chassé croisé " de pré-campagne la preuve que les " lignes vont bouger " et qu'il faudra dorénavant " sortir des vieux clivages ". " Le vote de la censure contre le gouvernement a incontestablement crée une nouvelle étape pour nous. Nous ne sommes plus liés à un camp et nous réfléchirons si la question d'un accord de gouvernement se pose ", explique un proche du patron centriste.
Même si elle inquiète certains parlementaires, le stratégie d'autonomie de François Bayrou a été plébiscitée à 91,1% en janvier dernier. Un adhérent devrait toutefois samedi faire entendre "une musique différente " : Gilles de Robien, seul ministre UDF et opposant déclaré à François Bayrou, doit prendre la parole pour défendre une stratégie d'alliance avec l'UMP. " S'il veut parler, il pourra le faire, comme les autres participants", explique Marielle de Sarnez, vice-présidente exécutive de l'UDF. Mais "s'il veut ramener l'UDF dans le giron de l'UMP, il peut se lever de bonne heure. C'est ne rien comprendre à ce qui se passe en France aujourd'hui", ajoute-t-elle.
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