Jacques Chirac lundi soir au 20 heures de France 2 © DRRÉACTIONS POLITIQUES
Julien Dray (PS) : "On n'attendait pas grand-chose, on n'a pas été déçu"
"On n'attendait pas grand-chose de l'intervention du président de la République, on n'a pas été déçu. Jacques Chirac a peut-être fait un homme heureux ce soir, le Premier ministre, mais il a surtout annoncé aux Françaises et aux Français que tout allait continuer comme avant - parce que tout le monde a évidemment constaté que tout allait bien... - pendant encore onze mois. C'est triste pour des millions de Françaises et de Français qui ont exprimé déjà à plusieurs reprises leur colère.
Laurent Fabius (PS) : "Je crois que (...) c'était un déni de réalité. Je l'ai perçu exactement comme ça. C'était une intervention pour rien où on avait l'impression que tout allait bien en France" (RTL).
Dominique Strauss-Kahn (PS) : Le candidat à l'investiture poru 2007 a accusé mardi le président de ne pas avoir dit la vérité aux Français sur la situation économique du pays. Concernant le chômage, que le chef de l'Etat a cité parmi les secteurs en amélioration, M. Strauss-Kahn a affirmé que "la réalité c'est que le déclassement d'un certain nombre de chômeurs en Rmistes fait qu'il y a moins de chômeurs, mais plus de Rmistes". "La vraie variable, celle qui compte, c'est l'emploi. Le nombre de chômeurs dans les statistiques peut augmenter ou baisser, mais s'il n'y a pas d'emploi, cela ne sert à rien", a-t-il ajouté (France Inter).
Sergio Coronado (Verts) : Chirac "a parlé pour ne rien dire"
Jacques Chirac "a parlé pour ne rien dire", et est apparu "tel un monarque en fin de règne, niant les évidences et incapable même de remettre de l'ordre dans son propre camp". Pour les Verts, "sourd à l'affaiblissement de son Premier ministre, au sommet de l'impopularité et sans véritable majorité parlementaire, Jacques Chirac pratique désormais la politique de l'autruche: il a renouvelé sa confiance à Dominique de Villepin".
François Sauvadet (UDF) : "ce n'est pas ce que les Français attendaient"
"Après le non au référendum, après la crise des banlieues, après l'entêtement sur le CPE, les tensions internes très fortes liées à l'affaire Clearstream, la seule réponse du chef de l'Etat a été de renouveler sa confiance à Dominique de Villepin et au gouvernement. Ce n'est pas ce que les Français attendaient pour sortir de la crise profonde que le pays traverse".
Bernard Accoyer (UMP) : "l'heure est au travail dans la sérénité"
Satisfait que le chef de l'Etat "ait donné un nouvel élan rassembleur à la majorité", Bernard Accoyer a fait valoir dans un communiqué que "sans se laisser distraire, chacun et chacune d'entre nous doit se mobiliser pour améliorer le quotidien des Français". Jacques Chirac "peut compter sur le groupe UMP pour mener à bien les réformes indispensables à notre pays".
Nicolas Sarkozy (UMP, ministre de l'Intérieur) : "le portrait d'une France qui gagne"
Jacques Chirac, lundi soir, a "fait le portrait d'une France qui gagne" en rappelant "les résultats indiscutables obtenus par les gouvernements successifs depuis 2002, en particulier en matière d'emploi et de sécurité". Nicolas Sarkozy "se réjouit" que le chef de l'Etat "ait appelé à renforcer encore les liens entre le gouvernement et la majorité afin de poursuivre le travail déjà engagé et ce jusqu'au terme du quinquennat".
Eric Raoult (député UMP) : "C'est le capitaine qui ne baisse pas les bras". Il "a rappelé qu'il était un vrai politique: sage et combatif, déterminé et clairvoyant". Il "n'est ni sur la touche, ni dans la mêlée, il reste le capitaine qui ne baisse pas les bras mais qui rappelle la majorité à se retrousser les manches. Il "a fixé le cap, félicité l'équipe, et ses talents, et défini les priorités. Chaque chose en son temps: aujourd'hui l'action, demain l'ambition". (communiqué)
Patrick Devedjian (UMP) : Le conseiller politique de Nicolas Sarkozy s'est étonné que le président de la République "n'ait pas attendu le 14 juillet" pour s'adresser aux Français (Europe 1).
Jean-Christophe Lagarde (député UDF) : "Je suis triste d'avoir entendu un président aussi affaibli et décalé par rapport à ce que subissent les Français. Au lieu de parler aux Français, il s'est adressé à sa majorité parlementaire pour la convaincre de cesser ce qu'il qualifie d'ébullition passagère et qui n'est pourtant rien d'autre qu'une rupture de confiance entre le gouvernement et ses députés. Tout cela relève de la sclérose d'un système absolutiste". (communiqué).
Nadine Morano (députée UMP) : "Le président de la République s'est positionné en rassembleur. Il a exprimé sa confiance et sa reconnaissance à Nicolas Sarkozy. Il s'est exprimé avec la grande expérience qu'il a de la vie politique et a conseillé à Dominique de Villepin d'écouter sa majorité".
Philippe de Villiers (MPF) : "Jacques Chirac n'a plus de projet pour la France"
"Un discours d'immobilisme, de fin de quinquennat. Jacques Chirac est déconnecté des soucis des Français, il ne voit plus la réalité de leur vie : le chômage, l'insécurité, l'immigration, les délocalisations... Jacques Chirac n'a plus de projet pour la France".
Jean-Marie Le Pen (FN) : "un exercice d'autosatisfaction"
"Jacques Chirac s'est laborieusement acquitté d'un exercice d'autosatisfaction, sur l'air de : Tout va très bien, madame la marquise, suivi d'une longue séquence d'anesthésie de l'opinion, avant de finir par un couplet sur la France qui était bien préparé mais tombait à plat".
Georges Sarre (premier secrétaire du MRC) : "Pendant trente minutes, Jacques Chirac nous a chanté: +Tout va très bien, Madame Chabot+. Le gouvernement volerait de succès en succès. La feuille de route qu'il donne à son Premier Ministre est la même que celle de l'année dernière. Dans un an, si la gauche veut gagner les élections et ne pas se retrouver avec le même décalage, elle devra tirer les enseignements de ce scrutin". (communiqué).
Jean-Michel Baylet (président du PRG) : "Il est clair" que Jacques Chirac "est à côté du sentiment général des Français lorsqu'il affirme que le gouvernement +a rempli son contrat+ et leur donne satisfaction. La réalité politique est que ce gouvernement est irrémédiablement usé et doit être changé". (communiqué).
Marie-George Buffet (PCF : La secrétaire nationale du parti communiste a réitéré mardi sa demande d'une dissolution de l'Assemblée nationale, estimant que le peuple "doit reprendre la main et donner son avis" (France 2).
RÉACTIONS SYNDICALES
Jacky Dintinger (CFTC) : Chirac n'a ouvert "aucune perspective"
"Le président n'a tracé aucune grande ligne, aucune perspective qui pourrait faire que les Français retrouvent confiance, et cela est consternant".
Bernard Van Craeynest (CFE-CGC): Chirac "complètement déconnecté de la réalité"
"On a à faire à quelqu'un qui est visiblement complètement déconnecté de la réalité et du quotidien des Français. Jacques Chirac explique de A à Z que tout va bien, nie les réalités, c'est un peu triste".
Gérard Aschieri (FSU) : Chirac parle aux siens "comme si la société n'existait pas"
"Le président avait visiblement pour propos de s'adresser à sa majorité et de parler aux siens : il a évoqué la rivalité Villepin-Sarkozy, chaque ministre a eu droit à son bon point au fil d'un discours politicien particulièrement pauvre. C'est comme si la société n'existait pas : rien pour les fonctionnaires, les salariés en général, les chômeurs. On aurait dit en entendant le président que le conflit du CPE n'avait pas existé, l'explosion des banlieues non plus".
Photo d'ouverture : Jacques Chirac lundi soir au 20 heures de France 2 - DR
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