
La presse française se montre particulièrement critique mardi après l'intervention de Jacques Chirac à la télévision lundi soir, n'hésitant pas parfois à faire des comparaisons d'ordre footballistique.
"Comme Zidane, Jacques Chirac n'aime pas changer de coéquipiers", affirme Le Figaro, qui se pose la question : "la confiance réaffirmée dans le chef du gouvernement, chaudement félicité pour ses résultats en matière d'emploi et de croissance, suffira-t-elle à contenir la révolte froide des députés qui, plus que tout, craignent d'être entraînés avec lui dans la spirale de la défaite ?".
"Rien ne va plus pour le capitaine Villepin et ses joueurs", reconnaît le journal économique La Tribune, "mais, sur le banc, le coach Jacques Chirac a fait le choix de l'user jusqu'au bout et de ne pas céder à la triple pression de sa famille politique, des médias et de l'opinion. Il faut dire que, depuis quelques mois, le parcours des Bleus de Matignon a viré au cauchemar." Sud-Ouest estime pour sa part que "le Premier ministre, c'est son Domenech à lui, mal aimé, contesté par une partie de l'équipe, mais qu'il soutiendra jusqu'à la finale, c'est-à-dire jusqu'à l'élection présidentielle."
"Villepin - Domenech, même combat !", s'exclame la Voix du Nord. "Les Français, ces éternels grincheux, champions du monde de l'autodérision, sont donc priés de mettre leur doute dans la poche, de sortir les écharpes tricolores et de croire dans +une équipe qui les représente et qui le fait bien+", lance le quotidien nordiste.
Chirac n'écoute pas
Plusieurs journaux abordent l'absence d'écoute des Français de la part du chef de l'Etat depuis les récentes crises. "Ce qui est terrible avec Jacques Chirac, c'est qu'il n'écoute rien, n'entend rien, ne voit rien", affirme l'Est Républicain. "La crise est là. Aiguë entre le gouvernement et la majorité, profonde avec l'opinion qui ne fait plus confiance à Dominique de Villepin, et le chef de l'Etat continue de mouliner le même discours", écrit-il encore. "Jacques Chirac avait-il vraiment quelque chose à dire aux Français ?", s'interroge les Dernières Nouvelles d'Alsace, insistant que le fait qu'il n'y a eu "aucune annonce, aucun commentaire saillant, aucun mouvement d'humeur".
Pour la République des Pyrénées, "Jacques Chirac a poussé, hier soir, le déni de réalité à ses sommets. La majorité soutient le gouvernement. Et il ne voit pas pourquoi il changerait une équipe qui gagne et un gouvernement qui vole de succès en succès". Enfin, selon la Presse de la Manche, "Jacques Chirac a donc choisi de sombrer, tel le +Titanic+, avec son Premier ministre". "La fin de mandat du président sera épuisante, frustrante, décevante. Les Français ne le comprennent plus, il refuse de les comprendre. C'est une sorte de glaciation qui se fait au sommet de l'Etat, alors qu'il est urgent de rétablir la confiance", estime le quotidien.
(Jacques Chirac/archives/DR)
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