Clearstream : Rondot refuse de "servir de missile contre le pouvoir"

le 03 juin 2006 à 08h13 , mis à jour le 03 juin 2006 à 08h18

Le général, ancien conseiller du ministre de la défense pour le renseignement, dont les carnets ont été divulgués dans la presse, assure s'être "mélangé" dans ses déclarations aux juges. Il soutient n'avoir jamais été chargé par le Premier ministre d'enquêter sur l'affaire.

rondot

"On a taillé un costume trop large pour moi". Cinq semaines après la publication de ses notes personnelles dans la presse, le général Philippe Rondot livre à Libération sa version des faits de l'affaire Clearstream. Le conseiller du ministre de la Défense pour le renseignement et les opérations spéciales, de 1997 à 2005, revient sur son audition du 22 mai par les juges. "C'était la première fois que cela m'arrivait", dit-il, "je ne connaissais même pas mes droits ! J'étais bousculé et je me suis mélangé", avoue-t-il.

"On peut me reprocher d'avoir gardé mes archives. C'est même le reproche que je me fais", ajoute-t-il. "Si je ne les avais pas gardées, je serais aujourd'hui accusé d'avoir détruit des preuves. Et je pourrais me retrouver complice de Jean-Louis Gergorin, sans pouvoir me défendre". Ces documents, précise le général Rondot, ne sont pas ses carnets de travail : "je les ai tous détruits avant de quitter le ministère de la Défense", déclare-t-il.

"Mystification"

Selon Libération, "le général avait souhaité conserver une trace de sa longue carrière". "J'ai fait réaliser des dossiers avec de belles reliures en cuir", dit le général. Dans ce qu'il qualifie de "journal de marche", il rassemblait seulement les parties consacrées "à ce qui remontait vers le haut", vers sa hiérarchie.

"C'est une histoire de mystification, d'intoxication, à laquelle j'ai cru au début", affirme encore le général Rondot qui se défend d'avoir été chargé par le chef de l'Etat ou le Premier ministre d'enquêter sur les listings : "comment voulez-vous que le président de la République ou Dominique de Villepin aient pu me demander d'enquêter sur une affaire qu'ils auraient montée eux mêmes?", interroge-t-il. "C'est un non sens, car ils savaient que je découvrirais vite la mystification", assure-t-il tout en avouant une "amitié ancienne et intellectuelle" avec l'actuel Premier ministre. "On ne m'a jamais demandé d'enquêter sur le corbeau", complète-t-il. Et de refuser de "servir de missile contre le pouvoir".

le 03 juin 2006 à 08:13
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